Violence dans les écoles : le SCFP-Québec réclame des investissements majeurs en prévention
26 octobre 2026
Le SCFP-Québec réagit avec inquiétude aux données dévoilées aujourd’hui par Radio-Canada sur la hausse de la violence envers le personnel de soutien scolaire. Avec près de 30 000 incidents déclarés en 2025-2026, soit trois fois plus qu’il y a quatre ans, la situation exige une réponse urgente du gouvernement du Québec.
Derrière ces chiffres préoccupants se trouvent des travailleuses et des travailleurs qui doivent composer quotidiennement avec des comportements violents, alors qu’ils jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement et la réussite des élèves. Le SCFP-Québec rappelle que chaque personne a le droit d’exercer son métier dans un environnement sain et sécuritaire.
Pour le syndicat, cette situation démontre l’urgence de réinvestir massivement dans le réseau de l’éducation. Depuis la pandémie, les difficultés de socialisation, de respect des consignes et de régulation des comportements se font davantage sentir dans les écoles. Ces défis ne peuvent être surmontés sans personnel suffisant, sans expertise spécialisée et sans services adaptés aux besoins grandissants des élèves.
Un portrait incomplet qui exige davantage de ressources
Le SCFP-Québec souligne également que les données rendues publiques ne présentent qu’une partie de la réalité. Seulement 47 des 72 centres de services scolaires ont fourni des données pour l’année 2025-2026. Dans certains établissements, les mécanismes de déclaration des incidents violents demeurent complexes ou peu accessibles, ce qui peut contribuer à sous-estimer l’ampleur du phénomène.
Pour mieux comprendre et combattre la violence en milieu scolaire, il est essentiel de disposer de données fiables, comparables et accessibles. Or, leur collecte et leur analyse nécessitent du personnel et des ressources. Les gels d’embauche et les compressions budgétaires vont directement à l’encontre de cet objectif.
« Le gouvernement doit cesser de gérer cette crise à courte vue. Il doit investir massivement en prévention, dans les services aux élèves, dans la protection du personnel et dans des systèmes de déclaration simples et uniformes. On ne peut pas exiger du réseau qu’il documente mieux la violence tout en lui retirant les ressources nécessaires pour le faire », déclare Michelle Poulin, présidente du Conseil provincial du soutien scolaire du SCFP-Québec.
Le SCFP-Québec demande au gouvernement de garantir à chaque centre de services scolaire un outil accessible et uniforme de déclaration des incidents, de financer adéquatement les équipes responsables de la compilation et de l’analyse des données et de réinvestir durablement dans les services de prévention et d’accompagnement.
La sécurité du personnel scolaire et des élèves ne peut plus être reléguée au second plan. Elle doit devenir une véritable priorité gouvernementale, appuyée par des investissements durables et des moyens concrets.
