Ville de Montréal – Mise à pied de plus d’une centaine de fonctionnaires
16 avril 2004
Montréal, le vendredi 16 avril 2004 – C’est avec
consternation que les fonctionnaires municipaux affectés à l’aide
sociale et à certains services d’emploi ont appris la mise à pied
d’une centaine de leurs collègues. Cette décision de la Ville de
Montréal fait suite à l’annonce du gouvernement Charest d’abolir,
pour l’année financière 2004-2005, plus de 500 postes au ministère
de l’Emploi et de la Solidarité sociale et de la Famille. Sur le
territoire de l’ancienne ville de Montréal, où les services d’aide
sociale sont assumés par des fonctionnaires municipaux en vertu
d’une entente avec le gouvernement du Québec, cela signifie la
perte de plus de 10% des effectifs dévolus au service des plus
démunis de la population.
«Le gouvernement n’a jamais dit à la
population que ces coupures budgétaires vont se traduire par la
perte de services aux plus mal pris de notre société, signale
Monique Côté, secrétaire générale du Syndicat des fonctionnaires
municipaux de Montréal (SCFP-FTQ). On se demande comment nos
membres vont faire pour maintenir les services,
s’interroge-t-elle. Tout ce que nous souhaitons pour l’instant,
c’est que les prestataires ne s’en prennent pas directement aux
employés pour signifier leur insatisfaction plutôt qu’au
gouvernement qui a pris cette décision.»
Monique Côté s’inquiète d’autant plus que de nombreux
fonctionnaires sont déjà aux prises avec de sérieux problèmes de
violence au travail, de détresse psychologique et d’épuisement
professionnel. Elle fait remarquer que plusieurs de ses membres ont
reçu l’annonce de ces mises à pied comme un geste
d’irresponsabilité du gouvernement.
Rappelons qu’à Montréal, contrairement au reste du Québec, la
gestion de l’aide sociale revient à l’administration municipale.
Lors de la crise économique des années 1930, Montréal avait
instauré le secours direct. Plus tard, quand le gouvernement du
Québec a établi un programme général d’aide sociale, il a permis à
la Ville de Montréal de continuer de s’occuper des plus mal-nantis
sur son territoire. Ce régime de responsabilités particulières a
été consigné dans une entente entre la Ville et le gouvernement du
Québec en 1972, entente périodiquement renouvelée depuis.
Le SFMM (SCFP-FTQ) représente les quelques 8000 fonctionnaires
municipaux qui travaillent tant à la Ville de Montréal qu’aux
sociétés paramunicipales telles la Société du Parc des Îles (SPI),
la Société de développement de Montréal (SDM), la Société
d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), l’Office
municipal d’habitation de Montréal (OMHM), le Parc Six Flags
Montréal, la Cité Nordelec inc., la Corporation Anjou 80 et
Stationnement de Montréal. En plus du secteur municipal, le SCFP
est présent dans 10 autres secteurs d’activités au Québec, entre
autres, la santé et les services sociaux, l’éducation, les
universités, les transports urbain et aérien, l’hydroélectricité,
les sociétés d’État et organismes publics québécois ainsi que les
communications. Comptant au total près de 100,000 membres au
Québec, il est aussi le plus important syndicat affilié de la FTQ.
