Une décision sauvage, irresponsable et totalement injustifiable de TVA
27 mars 2002
Montréal, mardi 26 mars 2002 – « Les explications cousues
de fil blanc de la part de la direction de TVA quant au caractère
imprévisible de la décision de retirer de la grille horaire le
bulletin des sports de 23 h 30 ne dupent personne. Appelons un chat
un chat : il s’agit d’une décision sauvage, irresponsable et
totalement injustifiable », a déclaré Réal Leboeuf, président
de la section locale 687 du Syndicat canadien de la fonction
publique (SCFP-FTQ).
TVA n’a rien à envier à tous les Malenfant
de ce monde
« Quand on a le culot de commenter à des journalistes de la
presse écrite le retrait de la grille horaire d’un bulletin de
sports qui connaît la plus grosse cote d’écoute au Québec avant
même d’en avoir informé ses principaux artisans qui y perdront leur
emploi, sans préavis, comme l’a fait la direction de TVA, on n’a
rien à envier à tous les Malenfant de ce monde », a ajouté le
dirigeant syndical.
Rappelons que le syndicat a appris par les journaux, en même temps
que la population et les personnes concernées, l’intention de la
direction de TVA de retirer de sa grille horaire le bulletin de 23
h 30. Cette décision, effective dès lundi, coûte leur emploi à
quatre journalistes permanents et à six journalistes surnuméraires.
Malgré les préavis de mise à pied, non respectés, prévus à la
convention collective, l’employeur a prétendu que ces préavis
n’étaient pas de rigueur mais simplement à titre indicatif dans le
contrat de travail.
TVA et Quebecor se rient du CRTC et de la population
« Cette décision ne s’explique aucunement, ni sur le plan
économique ou d’affaires, ni à la face même des assurances données
par Quebecor au CRTC lorsque ce dernier a approuvé la transaction
Quebecor-TVA-Vidéotron.
« En agissant de la sorte, TVA accentue la convergence, limite
davantage la pluralité et la diversité des sources d’information et
se rie du CRTC qui avait loué les avantages tangibles de la
transaction pour les téléspectateurs.
« On va forcer les consommateurs qui ne sont pas branchés à
aller sur le câble, donc à payer pour des services disponibles
gratuitement jusqu’à hier soir. Est-ce là un des avantages de la
synergie prônée sur toutes les tribunes et devant le CRTC par
Pierre-Karl Péladeau pour tenter d’amadouer tout le monde avant la
transaction ? », a questionné M. Leboeuf.
Utiliser les fonds publics pour faire la job de bras
« Ne l’oublions pas : la transaction qui a permis à Quebecor de
se porter acquéreur de TVA n’aurait jamais été possible sans
l’intervention de la Caisse de dépôt, donc des fonds publics.
Aujourd’hui ce sont une dizaine de journalistes qui perdent leur
emploi… grâce à l’apport de ces fonds publics », a ironisé
Réal Leboeuf.
« N’y aurait-il pas un certain nombre de questions à poser à la
Caisse de dépôt sur le caractère responsable ou éthique de cet
investissement, à la lumière des événements que nous vivons
présentement ? Il semble bien que les ambitions mercantiles de M.
Péladeau l’aient emporté aujourd’hui sur ses engagements et
promesses proférés tous azimuts pour en arriver à ses fins. »
Une manoeuvre d’intimidation patronale?
Évoquant les négociations avec l’employeur pour le renouvellement
de la convention collective, Réal Leboeuf fait valoir que s’il
s’agit là d’une manoeuvre patronale d’intimidation visant à briser
la solidarité des membres, il va produire exactement l’effet
inverse.
« Les personnes estomaquées par ce geste brutal et gratuit de
l’employeur réalisent à quel point il est important plus que jamais
de se prémunir contre l’arbitraire de telles décisions et, surtout,
de la façon dont elles sont mises en application », a conclu le
dirigeant syndical.
Le syndicat rencontrera en avant-midi les journalistes touchés par
la décision de TVA et fera le point en conférence de presse à 14 h
30 en un lieu qui sera communiqué en matinée.
