Une coalition se porte à la défense de la radiotélévision publique francophone
14 décembre 2005
Montréal, le 14 décembre 2005 Une
coalition formée dindividus et dorganismes a rendu public,
aujourdhui, un manifeste qui vise à sensibiliser la population et
les décideurs sur lavenir de la radiotélévision publique
francophone.
Représentant divers secteurs de la société
québécoise et canadienne, ces personnes considèrent que la
radiotélévision publique francophone est un service essentiel pour
la promotion de la démocratie et du développement collectif.
Madame Marie-Josée Turcotte, journaliste au service des sports de
Radio-Canada, M. Jean Dussault, animateur de lémission
radiophonique Sans frontière à Radio-Canada ont accepté de soutenir
publiquement le manifeste pour son lancement sur la place publique.
Au cours des prochaines semaines, dautres personnalités seront
invitées à manifester leur appui à une telle démarche.
«Nous en sommes arrivés à la conclusion quune réforme en
profondeur doit sopérer dans les politiques de financement afin de
rééquilibrer les forces et de permettre, notamment aux institutions
télévisuelles publiques francophones, dobtenir le soutien étatique
stable et adéquat nécessaire à laccomplissement de leurs missions
et de leurs mandats», soutiennent les signataires du manifeste.
Il faut, disent-ils, mettre fin à toute forme daffaiblissement de
la radiotélévision publique francophone. Ils en tiennent pour
preuve la chute des subventions fédérales à CBC-Radio-Canada au
cours des dix dernières années, qui sont passées de 946 millions à
877 millions de dollars. La situation est encore plus fragile à
Télé-Québec, où les subventions gouvernementales ont été réduites,
en dollars courants, de quelque 40% depuis dix ans. Pendant ce
temps, au Québec seulement, 180 millions $ de fonds en provenance
dOttawa et de Québec sont versés chaque année pour la production
télévisuelle privée.
La journaliste Marie-Josée Turcotte déplore quant à elle la perte
de moyens quelle constate dans la télévision publique. «Depuis
23 ans que je pratique ce métier à Radio-Canada, je vois une
érosion constante dune information indépendante et
pertinente», souligne-t-elle, déplorant que la production
interne soit toujours plus réduite. Cette télévision et cette radio
publiques doivent demeurer généralistes, selon elle.
Pour lanimateur Jean Dussault, cest sa différence qui rend la
radio publique francophone obligatoire. «Elle nest pas une
entreprise commerciale, mais plutôt un service public qui non
seulement se maintient, mais qui saméliore. De plus en plus de
monde nous écoute», a-t-il souligné.
«Le financement public de la production indépendante privée ne
doit pas se faire au détriment des diffuseurs publics
francophones», peut-on lire dans le manifeste. De même, il
apparaîtrait normal que le système de financement public de la
production télévisuelle francophone soit révisé afin daccorder aux
diffuseurs accès à toutes les subventions à la production. «Pour
une meilleure équité, un équilibre doit être rétabli entre
«publics» et «indépendants».
Pour ces personnes qui veulent soutenir la radiotélévision publique
francophone, cest rien de moins quune partie de notre patrimoine
culturel quil sagit ici de protéger. Elles souhaitent que les
populations de toutes les régions du Québec et du Canada, comme
tous les divers groupes de la société, puissent bénéficier de
services de qualité, pluralistes et sans frais assurés par des
télédiffuseurs publics.
Les signataires du manifeste souhaitent enfin que leur intervention
puisse amener la tenue dun débat public sur lavenir de la
radiotélévision publique francophone.
En plus des porte-parole de la coalition, le président du Syndicat
des communications de Radio-Canada (FNC-CSN), Robert Fontaine, le
président du Syndicat des technicien(ne)s et artisan(ne)s du réseau
français de Radio-Canada (STARF), François Lewis, la présidente du
Syndicat du personnel administratif de Radio-Canada (SCFP 675),
Jacqueline Turgeon, la présidente du Syndicat général des
employé(ées) de Télé-Québec (SGETQ), Annick Charette, les
vice-président Jean-Yves Dubé et Sylvain Leboeuf du Syndicat des
employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec (SERT), le président
de lAssociation des réalisateurs de Télé-Québec, Gaëtan Lavoie, et
la présidente de lAssociation des employés et employées
non-syndiqués de Télé-Québec, Liliane Monette, participaient à la
conférence de presse.
