«Un conflit créé de toutes pièces par Quebecor!»
22 avril 2007
Québec, le dimanche 22 avril 2007 – Ce
matin, à 9 heures, la direction de Corporation Sun Media (Quebecor)
a décrété un lock-out à l’endroit de ses employés du Journal de
Québec, le quotidien numéro un de la Capitale. Le lock-out touche
les employés de la rédaction, journalistes et photographes, ainsi
que tous les employés de bureau. Il survient alors quaucun des
syndicats navait même demandé de mandat de grève à ses membres.
Sexprimant au nom des trois syndicats en
négociation au Journal, Denis Bolduc insiste pour dire que
«absolument rien» ne peut justifier ce coup de force.
«Quebecor imprime de largent avec le Journal de Québec.
Les profits annuels sont colossaux. Le Journal est numéro
un, son tirage est en constante progression et son personnel est
réduit par rapport à son compétiteur Le Soleil. Mais
Quebecor nen a jamais assez. Le porte-parole syndical ajoute
que «Quebecor va porter toute la responsabilité du geste quil
vient de poser, en rupture totale avec 40 ans de relations
harmonieuses avec ses employés.»
Par ailleurs, Denis Bolduc estime que «le lock-out au Journal de
Québec est un conflit créé de toutes pièces par Quebecor et
savamment planifié dans un bureau à Montréal. Avec le déclenchement
du lock-out, Quebecor vient de faire la démonstration que tous les
gestes posés depuis lautomne ne visaient que la création dun
conflit.»
Pour appuyer ses dires, les syndicats rappellent plusieurs faits
troublants:
– lembauche de 14 cadres supplémentaires en septembre;
– lenvoi en novembre dun courriel par une cadre de Quebecor pour
recruter des journalistes «prêts à sexiler à Toronto pour la
durée du conflit»;
– le fait que Quebecor sest départi des services dAnne-Marie
Cadieux, lauteure de ce courriel embarrassant;
– la mise en place dune salle de presse au troisième étage du
Toronto Sun;
– la formation spéciale donnée aux cadres du Journal entre
autres sur le logiciel de mise en page Quark;
– la mise en place dun service dannonces classées à Kanata en
Ontario;
– lajout depuis lhiver de caméras dans les bureaux du Journal
de Québec;
– le remplacement des serrures et le changement du système de
contrôle daccès à lédifice de lavenue Béchard;
– la publicité de la compagnie Sécurité Kolossal qui cherchait pas
moins de 200 agents de sécurité en prévision dun conflit de
travail à Québec, annonce parue le 15 décembre dans le
Journal. Coïncidence? En janvier, cette même compagnie est
chargée de linstallation des nouvelles caméras au Journal.
Depuis le 12 avril, ce sont les agents de cette même firme qui sont
postés à lentrée de lédifice du Journal.)
– la suspension, le 23 janvier, par la direction du Journal de cinq
employés affectés à linformatique. Tout en restant vague sur les
motifs de ces suspensions, le lendemain, la partie patronale
ajoutait à ses demandes la sous-traitance complète du service
informatique. (Ces suspensions sont par la suite devenues des
congédiements et ont été contestés par griefs.)
Denis Bolduc souligne enfin que «le lock-out est dautant plus
brutal que les syndiqués du Journal ne menaçaient pas de faire la
grève, [qu]ils ne lont jamais faite dans le passé et [qu] aucune
journée de travail na été perdue depuis louverture en 1967.»
Pour mémoire, signalons que, lan dernier, les 280 syndiqués du
Journal avaient accepté le prolongement dun an de leur convention
collective pour affronter la concurrence du Soleil qui adoptait à
ce moment le format tabloïd.
Les quelque 280 salariés travaillant au Journal de Québec,
une division de Corporation Sun Media, sont représentés par quatre
syndicats (Bureau, Imprimerie, Rédaction, et Représentants
publicitaires), tous affiliés au Syndicat canadien de la fonction
publique (SCFP-FTQ). Seul le syndicat des représentants
publicitaires en est venu à une entente avec lemployeur, entente
adoptée par une courte majorité de 54,5 %. Tirant à 104 000
exemplaires en semaine et à 127 000 le samedi, le Journal de
Québec est le premier quotidien de la Capitale nationale.
En plus des employés du Journal de Québec, le SCFP compte
7000 membres dans les communications au Québec et est présent dans
plusieurs autres secteurs, notamment la santé et les services
sociaux, les universités, léducation, les transports urbain et
aérien, les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100,000
membres, le SCFP reste le plus important affilié de la FTQ qui,
elle-même, est la plus imposante centrale syndicale au Québec avec
500,000 membres.
