Transaction TVA-Radiomédia -QUI DÉCIDE DANS CETTE AFFAIRE?
19 février 2003
Montréal, le mercredi 19 février 2003 Le Conseil
provincial du secteur des communications (CPSC) du SCFP a présenté
aujourdhui au CRTC sa position en ce qui concerne la possible
acquisition de Radiomédia par le Groupe TVA. Dans une allocution
brève mais percutante, les porte-parole du CPSC ont rappelé leur
opposition à une telle transaction. Pour les représentants
syndicaux, non seulement linclusion de Radiomédia dans lempire
Quebecor est-elle un danger pour lavenir de la radio et pour la
pluralité des sources dinformation, mais des doutes importants
subsistent quant aux intentions réelles de lacheteur. De plus, à
plusieurs égards, notamment en ce qui a trait aux ressources
additionnelles, loffre de TVA négale même pas celle dAstral
Média, qui avait été acceptée en avril 2002.
« Lors de ces audiences, nous avons eu la
nette impression de revivre toute lhistoire de la fusion de
Radiomutuel et de Télémédia, qui avait entraîné la création de
Radiomédia. Aujourdhui, les mêmes joueurs nous on refait les mêmes
promesses, qui, pour Radiomédia, ne se sont jamais réalisées.
», affirme Gilles Mathieu, conseiller syndical au SCFP.
Dautre part, et cest là un enjeu majeur, cette proposition
dachat soulève aussi des questions sur la compétence et la
crédibilité du CRTC. Rappelons quau départ, lachat des stations
AM de Télémédia et du réseau FM Rock Détente par Astral Média,
avait reçu lappui du CRTC et du syndicat des employés de CKAC,
affilié au SCFP. Cette transaction était perçue par la plupart des
intervenants comme un pas dans la bonne direction pour les stations
AM, cest-à-dire un projet de relance de la radio, par la radio et
pour la radio.
Malheureusement, le Bureau de la concurrence a forcé Astral à se
départir de certains actifs, ce qui explique loffre dachat des
stations AM par le Groupe TVA Inc. Pour le CPSC, le CRTC doit
réaffirmer son mandat et respecter sa première opinion en empêchant
une transaction qui va nuire à la radio et à lintérêt public. «
Il sagit dune question fondamentale : qui décide de lavenir du
paysage de la radiodiffusion au pays, le CRTC ou le Bureau de la
concurrence? Le CRTC doit assumer ses responsabilités, jouer
pleinement son rôle et refuser de se plier aux exigences marchandes
du Bureau de la concurrence », de conclure Gilles Mathieu.
Au Québec, le SCFP représente 7000 membres dans le secteur des
communications (Radio-Canada, Réseau TVA, Global, TQS, Radiomédia,
Telus, Vidéotron, Cogéco, ONF, Journal de Québec, etc). Le SCFP est
présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et les
services sociaux, léducation, les transports urbain et aérien, les
sociétés dÉtat et organismes publics québécois, lhydroélectricité
et les municipalités. Avec près de 100 000 membres, le SCFP est le
plus important affilié de la FTQ.
