Suspension de six cols bleus – LE SYNDICAT N’EST PAS SURPRIS DE L’ATTITUDE DE LA VILLE
4 février 2003
Saint-Jean-sur-Richelieu, le mardi 4 février 2003 – C’est sans
grand étonnement que le syndicat des cols bleus de
Saint-Jean-sur-Richelieu accueille la nouvelle de la suspension de
six de ses membres par le Conseil municipal. « Une fois encore, la
direction de la Ville fait tout pour provoquer les cols bleus et
tenter d’intimider certains responsables syndicaux », affirme
Fernand Cléricy, conseiller syndical au SCFP.
Il faut souligner que, le syndicat anticipait
déjà cette décision. En effet, vendredi dernier, les travailleurs
en question avaient été convoqués par les Ressources humaines, sous
de faux prétextes d’ailleurs, ce qui contrevient à la convention
collective. On leur reprochait trois choses. Premièrement, de
prendre certaines de leurs pauses café au restaurant, alors que
c’est tout à fait normal quand on travaille sur la route et que de
plus, c’est la pratique depuis 40 ans. Deuxièmement, de rentrer au
garage trop tôt (11 h 40 -11 h 45) à l’heure du dîner. – Quand les
syndiqués ont demandé ce qu’ils devaient faire quand le travail de
l’avant-midi était déjà terminé, la direction leur a suggéré de
tourner en rond avec les camions jusqu’à 11 h 50-55. – Enfin,
comble de l’ironie, on reprochait aux syndiqués un « kilométrage
excessif ».
Évidemment, le syndicat va contester par voie de griefs ces
suspensions injustifiées et songe même à porter plainte en vertu de
l’article 15 du Code du travail, qui interdit toute forme de
représailles ou d’intimidation suite à l’exercice d’un droit. « On
ne se laisse pas impressionner par ces tactiques qui datent d’un
autre âge. Comme partout ailleurs, nous allons continuer à défendre
nos membres et les droits qu’ils ont obtenus par voie de
négociation avec la municipalité », poursuit Fernand Cléricy. Le
syndicat souligne que les cols bleus sont harcelés de façon
continuelle. Encore un exemple : au Conseil de ville, hier soir, un
col bleu s’est vu refuser l’entrée à la réunion, simplement parce
qu’il avait à la main une tablette pour prendre des notes! De plus,
l’administration avait pris soin de mobiliser plusieurs policiers
qui surveillaient de près le déroulement de l’assemblée.
« Depuis le début de cette pénible saga avec l’administration
Dolbec, le syndicat a remporté toutes ses contestations, par grief
ou autrement. Nous allons faire notre travail et sommes confiants
de remporter également cette manche car la Ville a tort, et dans sa
démarche et dans ses fondements. Un jour, la Ville finira bien par
comprendre qu’elle n’a pas d’autre choix que de s’entendre avec
nous. Au lieu de poser des gestes comme ceux-là, la direction
serait bien plus avisée de dialoguer avec ses employés. En relation
de travail il est malhabile de tenter d’imposer ses vues parce qu’à
la fin, il faut toujours négocier », de conclure Fernand Cléricy.
Le SCFP représente environ 70 % de l’ensemble des employés
municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est
présent dans 10 autres secteurs d’activités au Québec, entre
autres, la santé et les services sociaux, l’éducation, les
transports urbain et aérien, l’hydroélectricité, les sociétés
d’État et organismes publics québécois et les communications.
Comptant au total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus
important syndicat affilié de la FTQ.
