Qu’attend le CRTC pour se prononcer sur le transfert des activités de Global Québec (CKMI) vers Toronto?
19 octobre 2005
Québec, le mercredi 19 octobre 2005
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC) reste étrangement muet dans le dossier de Global
Québec, malgré les plaintes qui ne cessent daffluer. Hier
après-midi, la direction de Global a signifié à 14 de ses employés
que leur travail se terminait vendredi (21 octobre). Le week-end
dernier, un pas de plus avait été franchi dans le transfert de la
mise en ondes, du routage et de la magnétoscopie vers Toronto; les
employés de la station de Global à Québec, CKMI, avaient assisté au
déménagement dun serveur informatique utilisé comme système de
relève (back-up).
«On se demande ce quattend le CRTC pour
réagir?, sinterroge Stéphane Paré, président du syndicat des
employés de Global, affilié au Syndicat canadien de la fonction
publique (SCFP-FTQ). Plus de 450 plaintes ont été signifiées au
CRTC et on attend toujours un signe de leur part. La question est
importante pour les employés de Global, mais elle va bien plus
loin. Elle remet en cause la légitimité même du CRTC. Est-ce quon
peut promettre nimporte quoi devant le CRTC et ne jamais y donner
suite?»
Appui massif de la population
À Québec, lappui populaire à la défense de lintégrité de la
station de télévision anglophone CKMI a été massif. De nombreuses
personnalités, groupes dintérêt et la population ont appuyé la
campagne mise de lavant par les employés de Global et le SCFP.
Signalons, entre autres, lappui du maire de Québec Jean-Paul
LAllier, de la Chambre de commerce de Québec, de la Chambre de
commerce des entrepreneurs et des députés du Bloc Québécois.
Dautre part, à titre individuel, plus de 750 personnes ont
signifié leur appui à une pétition qui a circulé dans la ville de
Québec grâce à linitiative demployés de la station CKMI. Cette
pétition est déposée aujourdhui à la députée du Bloc québécois de
la circonscription de Québec, Christiane Gagnon.
Rappelons quau moment de loctroi de licence par le CRTC, CanWest
Global sengageait à faire de CKMI sa principale assise au Québec.
On promettait à lépoque 75 emplois dès louverture de la station,
dont la majorité serait à Québec. Global en promettait même 100 la
seconde année, dont un ajout de plusieurs postes à Québec. En
décembre 1996 au cours des audiences publiques du CRTC tenues à
Montréal, monsieur Glen OFarrell, haut dirigeant de CanWest Global
à lépoque sengageait de façon on ne peut plus claire. Il
déclarait au CRTC : «Notre engagement au plan de lemploi cest
de créer 75 postes la première année, dont la majorité sera à
Québec. La seconde année, ce nombre sera porté à 100 et une partie
des postes additionnels sera à Québec. [Our commitment, on an
employment level, is to create, as of Year One, approximately 75
new jobs, of which the majority are in the Québec City. In Year
Two, that grows to 100, with additional employment created in
Québec City.]» (page 1147 des notes verbatim du CTRC). Suite au
transfert de la mise en ondes, du routage et de la magnétoscopie
vers Toronto, Global ne comptera plus que huit employés réguliers
et un à demi-temps à la station CKMI de Québec ce qui reste bien
loin des promesses faites.
Global au Québec
Au Québec, Global est présent à Montréal, Québec et Sherbrooke et
compte au total près de 125 employés, dont une centaine à Montréal.
Tous les salariés à lemploi de Global au Québec sont membres du
SCFP.
Le SCFP
Comptant 7000 membres dans les communications au Québec, le SCFP
est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et
les services sociaux, léducation, les transports urbain et aérien,
les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100000
membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.
