Privatisation en santé – LE MINISTRE COUILLARD AGIT EN DOUCE
24 septembre 2003
Longueuil, le mercredi 24 septembre 2003 – Le Syndicat
canadien de la fonction publique (SCFP) dénonce vivement les
tentatives de privatisation en cours dans les centres de soins aux
personnes âgées. Selon le syndicat, les décisions du ministre de la
santé, Philippe Couillard, contredisent son propre discours.
«Soit le ministre tente de nous endormir, soit il ne sait pas ce
qu’il se passe sur le terrain», affirme Serge Lalonde,
vice-président du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS).
Sur la place publique, le ministre affirme à
qui veut l’entendre que, malgré les difficultés budgétaires de son
gouvernement, «les services aux patients seront protégés» (Le
Devoir, 24 septembre). De plus, Philippe Couillard prétend qu’
«aucun exercice d’identification de fournisseurs potentiels de
services dans le privé n’est en cours dans son
ministère»(ibid). Au même moment, la Régie régionale de la
Montérégie procède à un appel d’offres pour le «financement de
projets novateurs de partenariat», qui vise les centres pour
personnes âgées.
Dans une lettre datée du 15 septembre et signée par la directrice
Johanne Gauthier, la Régie donne les détails de ce virage :
«Ce type de partenariat a pour objectif de recentrer le MSSS sur
sa mission, les services cliniques, et de délaisser les autres
types de services que requiert la clientèle âgée en perte
d’autonomie (hébergement, services alimentaires, buanderie, etc.).
Nous savons que les échéanciers proposés sont courts puisque nous
devons être avisés d’ici le 30 septembre au plus tard des
intentions de partenaires potentiels, alors que nous transmettrons
au MSSS les projets pertinents au plus tard le 3 octobre. Le
document d’appui qui explicite le contexte, présentation sommaire
d’un tel projet, est disponible à nos bureaux.»
Une telle approche correspond à une privatisation en douce et le
syndicat réclame un débat public avant toute prise de décision.
«Nous demandons au ministre de nous laisser lui faire la preuve
que nourrir, laver les patients, ou s’assurer de la salubrité des
lieux font partie intégrante des soins. Les usagers, surtout les
personnes en perte d’autonomie, on besoin des liens journaliers qui
se tissent avec l’ensemble des travailleurs du réseau. Un système
basé sur des appels d’offres aura inévitablement un effet sur la
continuité et la qualité des soins», soutient Serge Lalonde.
Le SCFP représente quelque 20,000 membres dans la santé et les
services sociaux au Québec. En plus de ce secteur d’activité, le
SCFP est présent dans 10 autres secteurs, entre autres,
l’éducation, les municipalités, le transport urbain, le transport
aérien, les sociétés d’État et organismes publics québécois,
l’hydroélectricité et les communications. Comptant au total près de
100,000 membres au Québec, il est le plus important syndicat
affilié de la FTQ.
