Négociations à la Société de transport de Sherbrooke – NOUVEL AVIS DE GRÈVE DES CHAUFFEURS D’AUTOBUS
30 septembre 2002
Sherbrooke, le lundi 30 septembre 2002 – Les chauffeurs
d’autobus de Sherbrooke feront grève à compter du jeudi 17 octobre,
à moins qu’une entente n’intervienne d’ici là avec la Société de
transport de Sherbrooke (STS). Cette décision de l’exécutif
syndical de signifier un nouvel avis de grève survient au lendemain
d’une assemblée générale des chauffeurs d’autobus, tenue hier
matin, au cours de laquelle les syndiqués ont unanimement rejeté le
contenu des offres déposées par l’employeur.
Cet avis de grève ne signifie pas pour autant
l’arrêt des négociations entre les parties. Trois rencontres sont
toujours prévues pour les 7, 10 et 11 octobre prochain. S’il devait
y avoir grève le 17 octobre, celle-ci commencera à 8 h 30 du matin,
conformément à l’avis transmis aujourd’hui même par le syndicat.
On se souviendra que, le 4 septembre dernier, les chauffeurs de la
STS avaient suspendu la grève commencée la veille pour « donner
une chance à la négociation ». Depuis cette date, les deux
parties se sont rencontrées à de nombreuses reprises. Mais, selon
Jean-Pierre Roy, conseiller syndical et porte-parole à la table des
négociations, « pour de nombreux points dans le normatif,
c’est-à-dire le non-monétaire, les propositions de l’employeur sont
conditionnelles à l’introduction d’employés surnuméraires, ce que
les chauffeurs d’autobus ont toujours refusé. » D’autre part,
il fait remarquer que « du côté monétaire, l’employeur offre 1,5
% par année pour les quatre premières années de la convention et 2
% le premier mars 2006 et sans indexation au coût de la vie. »
Plusieurs points non réglés
Jean-Pierre Roy rappelle aussi que la question de l’équité
salariale n’est pas non plus résolue. « À la STS, la tâche de
commis comptable a été évaluée scientifiquement par le comité
d’équité salariale de la Société. L’étude a conclu que ce titre
d’emploi à prédominance féminine est un travail de valeur
équivalente à celui de chauffeur d’autobus et que ces deux emplois
méritent une rémunération de 21,47 $. » En vertu de la Loi
sur l’équité salariale, l’atteinte de ce taux doit être
réalisée sur une période de quatre ans.
En comparaison avec les autres sociétés de transport, le salaire
versé aux chauffeurs de la STS est moins généreux qu’ailleurs au
Québec. D’autre part, la part municipale du budget de la STS n’est
que de 26 %, loin derrière les 35 % de Longueuil, les 42 % de
Québec ou les 53 % de Laval, toutes des villes qui, comme
Sherbrooke, fournissent un service de transport en commun à leurs
citoyens.
Parmi les autres sujets litigieux pour lesquels aucune entente n’a
encore été trouvée, on retrouve la question des pauses, le
transport par navette aux différents points de travail,
l’indexation au coût de la vie, l’amplitude des journées de
travail, ainsi que les demandes patronales sur l’introduction de
chauffeurs à temps partiel.
Le contrat de travail des chauffeurs d’autobus de la STS est échu
depuis le 28 février 2002 et les parties sont en négociation depuis
cinq mois. Le 11 juin dernier, c’est à l’unanimité que les
chauffeurs d’autobus ont confié à leur exécutif syndical le mandat
d’entreprendre des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la
grève.
En plus des quelque 115 chauffeurs de la STS regroupés au sein de
la section locale 3434, le SCFP représente 6 500 membres dans le
transport urbain au Québec. Outre ce secteur d’activité, le SCFP
est aussi présent dans 10 autres secteurs, entre autres, les
universités, les communications, l’éducation, les municipalités, le
transport aérien, la santé et les services sociaux. Comptant au
total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus important
syndicat affilié de la FTQ.
