Moins de sécurité à bord des avions? – Les partis politiques doivent préciser leurs intentions
25 juin 2004
Montréal, le vendredi 25 juin 2004 – Alors qu’il y a
quelques jours à peine, les chefs des partis politiques discutaient
de la place du bilinguisme dans le ciel canadien, en douce,
Transports Canada s’apprête à réduire le nombre d’agents de bord
dans les avions. La norme en vigueur est actuellement d’un agent de
bord pour 40 passagers. Mais, le ministère envisage de réduire ce
ratio pour le porter à un pour 50. Pourtant, en mars 2001, ce même
ministère concluait que la diminution du personnel de cabine
pourrait avoir un impact négatif sur la sécurité à bord des avions
et ne contribuerait pas non plus à améliorer la sécurité des
passagers.
Depuis 6 heures ce matin, à l’entrée de
l’aéroport Trudeau, à Dorval, des agents de bord d’Air Canada et
d’Air Transat conjuguent leurs efforts et distribuent des dépliants
pour informer les passagers. «Au moment où la population
s’apprête à voter, nous voulons que le gouvernement fédéral annonce
clairement ses intentions, mais nous voulons aussi connaître la
position de chaque parti sur cette question», explique Suzanne
St-Jean, agente de bord à Air Canada et représentante syndicale en
santé-sécurité.
Des opérations de sensibilisation semblables auprès du public
voyageur ont aussi eu lieu, dans les dernières semaines, aux
aéroports de Halifax , Calgary, Vancouver et Winnipeg. D’autres
suivront.
Une question de sécurité avant tout
Plusieurs enquêtes sur les catastrophes aériennes ont démontré que
le personnel de cabine fait souvent la différence dans le nombre de
victimes ou de blessés lors d’un accident. On se souvient du vol
236 d’Air Transat qui avait dû se poser d’urgence aux Açores le 24
août 2001. En 90 secondes, grâce au personnel présent, 360
passagers avaient été évacués de l’Airbus 330-220. Outre des chocs
nerveux, seules des blessures mineures étaient rapportées.
D’ici quelques semaines, les normes de sécurité dans le secteur du
transport aérien pourraient être revues. Sous la pression des
transporteurs qui veulent diminuer le nombre d’agents de bord sur
leurs vols, Transports Canada est sur le point de réduire les
exigences en cette matière pour les appareils de plus de 50 places.
Pourtant en 2001, Transports Canada rejetait cette même demande des
transporteurs aériens. Dans une décision émise le 26 mars 2001, le
ministère «en arriv[ait] à la conclusion de ne pas donner
son appui aux modifications réglementaires proposées. Il est
établi, écrivait-on à l’époque, que les arguments présentés
en faveur d’une modification réglementaire [1 pour 50] n’ont
pas montré que cette dernière garantirait un niveau de sécurité
équivalent à celui que procure la règle actuelle [1 pour
40].» (Comité réglementaire de l’aviation civile,
01/03/26-10.2 – Exigences relatives aux agents de bord: APM
2000-331 et 2000-332). Les transporteurs n’ont toutefois pas
abandonné la partie. Ils poursuivent toujours leur lobby auprès des
autorités gouvernementales. Cette fois, il semble que Transports
Canada pourrait donner son aval, d’ici 45 jours.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) représente
quelque 8000 membres dans le transport aérien au Canada (Air
Canada, Air Transat, Cathay Pacific, Calm Air, First Air), dont
1500 sont localisés au Québec. Le SCFP est le plus grand syndicat
du Canada et regroupe quelque 535,000 membres. Au Québec, le SCFP
compte près de 100,000 membres où il est le plus important syndicat
affilié de la FTQ.
