L’information victime de la convergence
16 septembre 2007
Montréal, le
dimanche 16 septembre 2007 Le plus important syndicat du
secteur des communications au Québec sonne lalarme. Pour le
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), la
convergence des médias est devenu une réelle préoccupation et un
danger pour la démocratie en réduisant comme peau de chagrin le
nombre de sources dinformation disponibles pour les citoyens.
Cest essentiellement ce que cette organisation viendra plaider
cette semaine lors des audiences du CRTC sur la diversité des voix
qui se déroulent à Gatineau.
«Le
spectacle est devenu désolant. On contemple de plus en plus de
grands conglomérats qui contrôlent le marché, linformation et le
placement de produits, que ces produits soient des nouvelles, des
émissions, des livres ou même des vedettes», affirme Jean
Chabot, président du Conseil provincial du secteur des
communications du SCFP.«Le
phénomène de convergence qui saccélère depuis quelques années a
provoqué une concentration dans le secteur des communications qui
est inégalée dans le monde industrialisé. Aux États-Unis ou en
France, il serait impossible pour une entreprise de posséder autant
de médias dans un même marché. Ici, tout est permis et cest la
logique marchande qui prend le pas sur lintérêt public.»
Pour le SCFP, les règlements existants sont devenus caducs, le
système de contrôle est désuet et le CRTC doit se moderniser et
rattraper son retard. Le paysage médiatique a bien changé et les
nouveaux acteurs sont des empires qui se livrent une guerre sans
merci, où lon séchange des services entre amis ou dans la
«famille». Dans ce combat de géants, léthique journalistique et le
professionnalisme des artisans de linformation sont trop souvent
relégués au second plan. De plus, la répétition ad nauseam dune même nouvelle sur
plusieurs plates-formes réduit loffre dinformation aux citoyens
et mine la santé démocratique de notre société.
Lexemple le plus patent des dangers de la convergence se trouve
évidemment chez Quebecor Média. Une situation bien connue par les
employés du Journal de
Québec, dont la plupart sont présentement en lock-out.
«Le repiquage darticles
du Journal de Montréal est
en hausse constante depuis les années 1990, ce qui réduit dautant
les nouvelles locales. Désormais, Quebecor exige une totale liberté
pour échanger des contenus de ses postes de télé aux journaux en
passant par Internet. Leurs demandes sont claires: ils veulent que
les journalistes alimentent toutes les ramifications de la bête.
Abolir létanchéité des salles de nouvelles, toutes les ressources
réunies pour faire des profits. Il sagit dune tangente qui
diminue la diversité des voix en information et ne respecte pas la
qualité du travail journalistique et les spécificités des tâches
reliées à chaque média», affirme Denis Bolduc, porte-parole
des syndiqués du Journal de
Québec.
Comptant 7000 membres dans les communications au Québec, le SCFP
est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et
les services sociaux, léducation, les transports urbain et aérien,
les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100 000
membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.
