Les RMU d’Urgences Santé n’en peuvent plus de travailler dans des conditions impossibles qui mettent en péril la sécurité du public
8 novembre 2007
Montréal, le
jeudi 8 novembre 2007 «Philippe Couillard et Monique Jérôme-Forget
en porteront la responsabilité!» Cest par ce cri du cur
que les répondants médicaux durgence (RMU) de Montréal et Laval
ont dénoncé leurs conditions de travail qui, année après année, se
détériorent à la Corporation Urgences Santé. Cest maintenant la
sécurité du public qui est en jeu, selon eux.
Le nombre dappels à Urgences Santé (Montréal
et Laval) augmente dannée en année. Le centre montréalais est
devenu le plus important de ce genre au Canada, le cinquième en
importance en Amérique du Nord. Il dépasse maintenant son
équivalent torontois pour les appels durgence.
Montréal devenant multiethnique, la nature du travail des
répondants change. Les appels ne sont plus simplement en français
ou en anglais, ce qui ajoute à la complexité de la tâche des RMU.
Le président du syndicat des RMU (SCFP-FTQ), Martin Doyon, explique
le cercle vicieux qui touche le centre de communication santé
(CCS). «Nous sommes constamment
en manque de personnel, raconte-t-il. Les salaires des RMU sont 32% inférieurs à
ceux du 9-1-1. Par rapport au centre de Toronto, cest 60% de
moins!» Ces piètres conditions de travail ne permettent plus
de recruter en nombre suffisant. Aussi, les RMU sont-ils
constamment en manque de personnel. À Urgences Santé, depuis au
moins trois ans, le temps supplémentaire est devenu la norme
quotidienne.
Pour Marcel Girard, président du Conseil provincial des affaires
sociales (CPAS), cette situation de temps supplémentaire permanent
est devenue insensée. «Je pense
que nos dirigeants politiques ne mesurent pas létat réel de la
situation. On joue à la roulette russe avec la population. Bien
sûr, nous défendons les RMU, mais en ce moment cest aussi la
population qui est à risque.»
La convention collective des RMU est échue depuis juin 2003. Ils
nont reçu aucune indexation ni augmentation de salaire depuis ce
temps. Les salaires horaires varient de 15,12$ lheure à 19,82$ au
sommet de léchelle salariale, soit le 10e échelon.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) représente
quelque 20,000 membres dans la santé et les services sociaux au
Québec. En plus de ce secteur dactivité, le SCFP est présent dans
10 autres secteurs, entre autres, léducation, les municipalités,
le transport urbain, le transport aérien, les sociétés dÉtat et
organismes publics québécois, lhydroélectricité et les
communications. Comptant au total près de 100,000 membres au
Québec, il est le plus important syndicat affilié de la FTQ.
