Les employés sont traités comme des pions
3 novembre 2005
Montréal, le jeudi 3 novembre 2005
Après avoir été fusionnés en vertu de la loi 25, lInstitut
universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et le Pavillon
Alfred-Desrochers risquent maintenant dêtre à nouveau séparés. Une
situation qui fait bondir le syndicat, affilié au SCFP, qui était à
mettre en place une nouvelle structure unifiée et travaillait à la
transition.
Le printemps dernier, les employés nouvellement regroupés de
certaines catégories avaient procédé à des votes dallégeance
syndicale. La nouvelle accréditation leur avait été accordée en
septembre et tout le monde se préparait à élire le nouvel exécutif.
Hier, à la surprise générale, le conseil dadministration de lIUGM
annonçait que, suite à un ultimatum de lAgence régionale, ils
devaient se départir du Pavillon Alfred-Desrochers, et ce, pour
maintenir leur statut de centre de recherche universitaire. Il
semblerait que pour lAgence, le nombre de lits de soins à longue
durée dépasserait le quota établi pour ce type détablissement.
Pour le SCFP, cette attitude est inacceptable.
«On joue avec le monde sans aucune considération. Un jour vous
êtes regroupés, le lendemain on vous sépare. Les travailleurs ne
sont pas des pions quon déplace à volonté! Ça ébranle la
motivation de nos membres et ça mine leur relation avec leur
emploi. De plus, si le nombre de lits de soins de longue durée à
lIUGM allait vraiment devenir trop élevé aux yeux de lAgence,
pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? Pourquoi décider dannuler
la fusion quelques mois plus tard? Cela entraîne des coûts
inutiles, nous fait perdre notre temps et sape le moral des
employés», affirme Marcel Girard, président du Conseil
provincial des Affaires sociales du SCFP.
Une lecture partagée par lancienne présidente du syndicat des
employés du Pavillon Alfred-Desrochers, «Nous nous sentons
méprisés. Nous sommes renvoyés au CSSS Côte-des-Neiges, Métro,
Parc-Extension, qui ne regroupe que des CLSC. Nous allons perdre
notre convention collective et nous faire imposer un contrat de
travail qui ne reconnaît pas les particularités dun CHSLD. De
plus, nous avons traditionnellement une clientèle francophone,
contrairement aux autres établissements de ce regroupement. Je ne
vois vraiment pas comment cette décision va aider à rapprocher les
services à la population», affirme Monique Trépanier.
Cette décision aura aussi des impacts sur les employés de lIUGM
qui offraient des services au Pavillon Alfred-Desrochers. «Les
employés des cuisines, les employés de métier, le chauffeur, les
physiothérapeutes, les ergothérapeutes et les inhalothérapeutes
travaillaient tous depuis plus dun an avec les gens du Pavillon.
Que se passera-t-il maintenant? Qui offrira ces services? Nous
sommes plongés dans lincertitude alors quon commençait à peine à
sortir la tête de leau», de conclure Carole Thibodeau,
présidente du syndicat des employés de lIUGM.
Le SCFP représente quelque 20 000 membres dans la santé et les
services sociaux au Québec. En plus de ce secteur dactivité, le
SCFP est présent dans 10 autres secteurs, entre autres,
léducation, les municipalités, le transport urbain, le transport
aérien, les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les communications. Comptant au total près de
100 000 membres au Québec, il est le plus important syndicat
affilié de la FTQ.
