Les deux firmes d’experts-conseils déposent leur rapport final aujourd’hui
20 juin 2006
Cest ce matin que les deux firmes mandatées
pour étudier les problématiques dagressivité des usagers du Centre
de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) de Québec
déposent leur rapport. On se rappellera quen février, le syndicat
du personnel du CRDI avait dénoncé le climat de violence qui règne
dans cet établissement.
Dans leur rapport, dont une version
préliminaire a été livrée aux parties, les experts-conseils font
état de nombreuses observations attestant les situations de
violence décrites aux médias par les représentants syndicaux. Les
deux firmes, Défi Qualité (André Soulières) et lASSTSAS
(Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du
secteur affaires sociales), formulent plusieurs recommandations
pour que les procédures en cas de violence incontrôlée soient
revues au CRDI.
Une partie importante des recommandations sadressent directement
aux autorités ministérielles. Elles demandent à ce que les services
en santé mentale restent accessibles aux usagers du CRDI, de la
même manière quelles le sont pour la population en général. Pour
pallier cette absence de services, le rapport demande de «revoir
avec le CHRG [Centre hospitalier Robert-Giffard] les
modalités et obligations de collaboration mutuelles
[cest-à-dire entre le CRDI et le CHRG]», de «favoriser
la participation du CHRG à une équipe interdisciplinaire», de
«retenir les services dun psychiatre conseil» et aussi de
«retenir les services dun neuropsychologue conseil».
Pour le président du syndicat (SCFP-FTQ), Maurice Cloutier, la
publication du rapport est «un pas dans la bonne direction».
Mais la vraie question demeure encore sans réponse pour le moment.
«Est-ce que les autorités trouveront la volonté nécessaire à la
mise en uvre de ces recommandations, autant au niveau de
létablissement quau ministère?», sinterroge-t-il.
Situation actuelle
Au quotidien, les employés du CRDI vivent toujours les mêmes
problèmes de violence. À la fin avril, le syndicat avait déjà
documenté 158 agressions en 2006.
Encore récemment, le syndicat déplorait la transmission dune
directive aux employés stipulant que le recours au 911 devait
dabord être autorisé par le superviseur «cadre de garde».
Sur ce point, le rapport des deux firmes indique que cette
situation «crée de linsécurité» et recommande de
«réviser le libellé de la procédure pour les situations
durgence» et de «mieux informer les intervenants de leurs
options et de leur marge de manuvre».
Au-delà du danger quun tel climat de travail constitue pour les
usagers et les employés du CRDI, la situation actuelle au CRDI
entraîne un taux de roulement du personnel étonnamment élevé, ce
qui ne vient quajouter aux nombreux problèmes déjà existants.
Rappel des événements des derniers mois
Le 5 janvier 2006, une agression au couteau survenait entre deux
bénéficiaires. La bénéficiaire agressée est décédée le 14 février.
Au lendemain de lagression, tout en déplorant la situation, la
direction du CRDI a alors affirmé que le geste était
«imprévisible».
Le 1er février, lors dune rencontre de presse, le syndicat des
employés du CRDI de Québec dénonçait le climat de violence qui
règne dans leur établissement. Au caractère « imprévisible » de
lagression, les représentants syndicaux opposaient le relevé des
293 agressions subies par leurs membres pour la seule année 2005.
Le 27 février, le syndicat rendait publiques des photos pour
illustrer les agressions graves subies par des employés. À ce
moment, le syndicat indiquait quil avait relevé 89 nouvelles
agressions, soit pour la période du 1er janvier 2006 au 21 février
2006. La situation ne sest pas amélioré depuis. À la fin avril, le
syndicat relevait 158 agressions pour les quatre premiers mois de
2006.
Suite aux déclarations publiques du syndicat, deux firmes ont été
mandatées à titre dexperts-conseils pour se pencher sur la
situation vécue au CRDI. Les deux firmes retenues sont Défi Qualité
(André Soulières) et lASSTSAS (Association paritaire pour la santé
et la sécurité du travail du secteur affaires sociales).
Le mandat confié à ces deux firmes est de faire état de situation
des problématiques dagressivité chez les usagers des services
régionaux spécialisés du CRDI de Québec et de faire les
recommandations visant à améliorer les services rendus aux usagers
ainsi que la sécurité du personnel. Le rapport final préparé par
les deux firmes est déposé aux parties le 20 juin 2006.
Le CRDI de Québec
Le CRDI de Québec est né en 2001 de la fusion du Centre de
réadaptation La Triade et des Services Barbara-Rourke. Par
lentremise de ses employés, il a pour mission doffrir des
services dadaptation, de réadaptation et dintégration sociale aux
personnes atteintes de déficience intellectuelle ou de troubles
envahissants de développement (comme lautisme). Les services du
CRDI sont offerts à la communauté dans la famille de lusager, dans
des résidences dhébergement, ou par des ressources de type
familial, intermédiaire ou dassistance continue.
Règle générale, les résidences dassistance continue (RAC) du CRDI
hébergent jusquà sept usagers qui requièrent des soins continus
compte tenu de leurs problèmes de comportements. Le personnel de
ces résidences est constitué principalement dintervenants en
milieu résidentiel qui cumulent en bonne partie les attributions
des préposés aux bénéficiaires et celles des auxiliaires familiaux.
Chaque RAC doit compter sur la présence dau moins un intervenant
sept jours sur sept et 24 heures sur 24. Le travail de ces
intervenants est divisé en trois quarts, le jour, le soir et la
nuit.
Le SCFP
Le SCFP représente quelque 20 000 membres dans la santé et les
services sociaux au Québec. En plus de ce secteur dactivité, le
SCFP est présent dans 10 autres secteurs, entre autres,
léducation, les municipalités, le transport urbain, le transport
aérien, les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les communications. Comptant au total près de
100 000 membres au Québec, il est le plus important syndicat
affilié de la FTQ.
