LE SCFP AURA LES GOUVERNEMENTS PROVINCIAUX À L’OEIL
1 novembre 2003
Québec, le vendredi 31 octobre 2003 – Les membres du
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) ont terminé leur
congrès national à Québec ce matin, en promettant de lutter contre
les gouvernements qui menacent de sabrer dans les services publics
et de les vendre aux sociétés multinationales. Deux provinces sont
plus particulièrement visées :
· Le Québec, où les libéraux de Jean Charest veulent abroger des
lois du travail progressistes;
· La Colombie-Britannique, où les libéraux de Gordon Campbell
privatisent les hôpitaux et les services de santé.
«Charest et Campbell prouvent que les
libéraux peuvent être tout aussi cruels que les conservateurs dans
l’élimination des services qui sont les plus chers aux Canadiennes
et aux Canadiens, croit Paul Moist, nouveau président national
du SCFP. Mais les membres ont élaboré un plan d’attaque et nous
ne baisserons pas la garde tant que des services publics seront
menacés, où que ce soit.»
Deux mille congressistes, représentant 535,000 membres de tout le
Canada, ont voté en faveur d’un nouveau document d’orientation
stratégique qui souligne les principaux objectifs du syndicat pour
les deux années qui viennent : l’édification d’un plus grand
pouvoir de négociation et l’intensification de la lutte contre la
privatisation.
Sur le front des négociations, les membres du SCFP se sont engagés
à conclure de solides pactes de solidarité dans chaque secteur et
dans chaque province. Ainsi, lorsqu’un groupe de membres du SCFP
sera ciblé par une attaque – dans le cas d’une grève ou d’un
lock-out, par exemple – les autres manifesteront automatiquement
leur appui. Les congressistes ont aussi voté en faveur d’une
intensification de la pression sur les privatiseurs, par
l’élaboration d’une stratégie syndicale globale contre les
partenariats public-privé (3P). Le SCFP promet de s’opposer à toute
entente qui permettra au secteur privé de faire des profits grâce
aux deniers publics, de même qu’à tout investissement des régimes
de retraite qui favoriserait les 3P.
Pour montrer que le syndicat ne se contente pas de beaux discours,
les membres du SCFP ont accepté de consolider leur Caisse nationale
de grève afin qu’elle dispose de suffisamment de fonds pour lutter
contre les concessions, améliorer les salaires et stopper les
privatisations.
«Aucun gouvernement, où que ce soit au Canada, n’a été mandaté
pour privatiser des services publics précieux comme les soins de
santé, a affirmé Claude Généreux, secrétaire-trésorier national
du SCFP, qui a été réélu cette semaine pour un deuxième mandat.
Nous surveillerons de près tous les gouvernements qui vendent
leurs services à de riches groupes privés et nous les obligerons à
rendre des comptes, tout comme nous l’avons fait aux élections
ontariennes ce mois-ci».
Les congressistes ont eu une semaine bien remplie. Ils ont élu Paul
Moist, un dirigeant de longue date du Manitoba, et ont réélu Claude
Généreux, l’ancien président du SCFP-Québec. En outre, une majorité
écrasante des délégations ont voté en faveur du mariage des
conjoints de même sexe, rejeté la Loi sur la gouvernance des
Premières Nations et exigé que cesse la violence au Moyen-Orient
par l’application immédiate des résolutions des Nations Unies.
«Encore une fois, le SCFP a montré qu’il est non seulement le
plus grand syndicat au Canada, mais qu’il est aussi le plus
progressiste, a déclaré Paul Moist. Je suis fier que nos
membres soient toujours prêts à offrir leur temps, leur soutien et
leur argent à des causes qui défendent la justice dans le monde.»
Dans cet esprit, les congressistes ont approuvé une motion visant à
donner
1$ par membre à la Fondation Stephen-Lewis, une nouvelle uvre de
bienfaisance qui recueille des fonds pour les personnes atteintes
du VIH-SIDA en Afrique. M. Lewis, l’un des conférenciers invités au
congrès, a été chaudement applaudi lorsqu’il a demandé pourquoi il
était si facile de trouver des dizaines de milliards de dollars
pour la guerre en Irak alors que des millions de personnes sont
abandonnées à leur sort ailleurs dans le monde.
Les membres ont aussi adopté une résolution d’urgence dénonçant la
direction du Syndicat international des travailleurs unis du bois
d’Amérique (IWA) dont les tactiques ont mené à l’affaiblissement
des salaires et des avantages sociaux des travailleuses et
travailleurs d’hôpitaux en Colombie-Britannique. Le débat sur le
dossier de l’IWA a été l’un des plus passionnés de la semaine et
plusieurs membres oeuvrant dans la santé sont venus aux micros pour
dire, avec émotion, à quel point leurs emplois et leur adhésion au
SCFP leur tenaient à cur.
La plupart des congressistes n’auront pas beaucoup de temps pour se
reposer avant de se remettre au travail. Dans les dix prochains
jours, des élections très importantes se tiendront au Canada :
provinciales en Saskatchewan et municipales en Ontario. À la mairie
de Toronto, le candidat pro-secteur public David Miller affrontera
le privatiseur de carrière John Tory. D’autre part, à Terre-Neuve
et Labrador, les membres du SCFP suivront à la trace le nouveau
premier ministre conservateur, Danny Williams, dont
l’assermentation aura lieu la semaine prochaine. Le message à
Williams sera le même que pour tous les autres premiers ministres
qui flirtent avec les 3P – «Pas un sou pour les profits!»
