Journal le Métro – TRANSCONTINENTAL TENTE DE SE DÉBARASSER DU SYNDICAT
22 mai 2002
Montréal, le mercredi 22 mai Rien ne va plus au Journal
Métro depuis le congédiement de tous les journalistes, le 14
mai dernier. Quatre employés, principalement des pupitreurs,
doivent désormais effectuer le travail qui était réalisé par huit
personnes auparavant. En plus davoir à supporter cette charge de
travail supplémentaire, les employés doivent également subir le
harcèlement et les réprimandes de leur employeur, Transcontinental.
Depuis une semaine, les mesures disciplinaires
se multiplient. Des employés, qui nont jamais été réprimandés
depuis la création du journal, reçoivent désormais de nombreuses
critiques et des lettres davertissement. « La situation frise
le ridicule, affirme Marc Ranger, conseiller syndical au SCFP.
Certains employés ont été blâmés pour être venus en aide à des
collègues débordés qui narrivaient pas à effectuer les tâches
supplémentaires quon leur imposait. »
Pour bien démontrer le climat de terreur qui règne présentement au
journal Métro, le représentant du SCFP souligne que les
journalistes congédiés hésitent maintenant à porter plainte contre
Transcontinental, de peur dêtre mis sur une liste noire.
« Avec le phénomène de la convergence et de la concentration des
médias, les journalistes sont plus vulnérables aux pressions des
propriétaires », rappelle Marc Ranger. Cependant, il est déjà
acquis que les employés visés par les mesures disciplinaires
excessives vont déposer des plaintes auprès du Commissaire du
travail.
La demande daccréditation visant près de la moitié des employés de
Métro, va être entendue le 13 juin prochain et le syndicat
voit, dans lattitude de lemployeur, une tentative désespérée pour
se débarrasser du syndicat. « Dans son rapport avec les
syndicats, Transcontinental se compare à McDonalds », déclare
Marc Ranger. Pour le SCFP, il est clair que Rémy Marcoux, président
et chef de la direction de Transcontinental, et André Préfontaine,
président de Médias Transcontinental, ont déclaré la guerre aux
employés qui veulent se syndiquer. « On assiste à une véritable
chasse aux sorcières. La direction fait tout pour écoeurer
les employés et les inciter à quitter. Tout cela dans le but de
se retrouver, le 13 juin, avec une accréditation vide, un syndicat
fantôme qui aurait perdu ses militants. Cest une tactique sauvage
et méprisable. Mais, Transcontinental va se rendre compte que les
employés sont déterminés et quils iront jusquau bout. Le 14 juin,
la direction va devoir vivre avec les conséquences de ses actes.
Elle se prépare des lendemains difficiles », ajoute-t-il.
En plus des plaintes qui seront déposées prochainement auprès du
Commissaire du travail, le syndicat étudie présentement la
possibilité de lancer une campagne de boycott du Métro, en
solidarité avec les employés en processus de syndicalisation.
Au Québec, le SCFP représente 7 000 membres dans le secteur des
communications (Radio-Canada, Réseau TVA, Global, TQS, Radiomédia,
Telus, Vidéotron, Cogéco, TV5, ONF, Journal de Québec, etc.). Le
SCFP est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé
et les services sociaux, léducation, les transports urbain et
aérien, les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100 000
membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.
