Journal de Québec La reprise des négociations échoue
23 novembre 2007
Québec, le
vendredi 23 novembre 2007 Même larrivée dun nouveau
conciliateur dans le dossier naura pas suffi pour que les
négociations reprennent entre le Journal de Québec et ses employés en
lock-out. Après sêtre saisi du dossier depuis quelques semaines,
le conciliateur Jean Poirier a bien tenté de rapprocher les
parties. Mais, il a dû se rendre à lévidence. Il ny peut rien
pour le moment et on est encore loin dune reprise des
négociations.
Le constat a été fait que lemployeur na laissé tomber aucune de
ses demandes déposées le 1er décembre 2006 et ce, malgré sept mois
de conflit.
De plus, le porte-parole des syndiqués, Denis
Bolduc, a précisé que Quebecor tente toujours de faire fermer le
quotidien gratuit des syndiqués, même si elle a renoncé à porter la
décision de la Cour dappel sur linjonction interlocutoire en Cour
suprême. En effet, Quebecor poursuit son intention de fermer le
MédiaMatinQuébec en
recourant aux tribunaux. «Non
seulement, la poursuite pour faire fermer le
MédiaMatinQuebec est toujours là,
lavocate de Quebecor a signifié quatre journées à la Cour
supérieure pour faire sa preuve dans sa demande dinjonction
permanente. Cest surprenant, surtout quand on connaît les propos
que tenait Donald Charrette, un patron du Journal,
il y a deux semaines. On voit où
Quebecor met ses priorités : les tribunaux, les tribunaux et encore
les tribunaux, a conclu Denis Bolduc, alors que tout le monde sait très bien que ce
nest pas devant les tribunaux que le conflit va se régler, mais
uniquement à la table des négociations.»
Les grandes étapes de ce
conflit
Le conflit de travail au Journal
de Québec dure depuis plus de sept mois. En effet, les
employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous le coup
dun lock-out décrété par lemployeur le 22 avril. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats navait
demandé de mandat de grève à ses membres ni même exercé de moyens
de pressions. En solidarité avec leurs collègues jetés sur le
trottoir par la décision de Quebecor/Sun Media, les employés de
limprimerie ont voté la grève à 97%.
Depuis la fondation du Journal de
Québec en 1967, aucun conflit de travail navait eu lieu. Il
y a un peu plus dun an et demi, tous les employés syndiqués du
Journal avaient accepté de reconduire la convention collective pour
un an en partenariat avec lemployeur qui faisait face à un
concurrent, Le Soleil, qui
passait au format tabloïd pour mieux le concurrencer.
Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit, pour rappeler leur cause à la population de Québec.
Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris plusieurs recours
judiciaires pour empêcher la publication du MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches
ont échoué.
Malgré le conflit, le Journal de
Québec continue dêtre publié. Dans une décision rendue le
23 août 2007, en application de larticle 109 du Code du travail
(dispositions anti-scabs), la Commission des relations du travail
(CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de Québec de cesser de
recourir aux services de quatre personnes qui remplissaient les
fonctions de salariés en conflit. De nouvelles plaintes concernant
lutilisation de travailleurs illégaux par Quebecor ont été
déposées par les syndicats en octobre et novembre. Ces plaintes
visent 16 personnes. Elles seront entendus par la CRT dici
peu.
