Étalement de l’équité salariale : la Commission cède devant Québec
7 novembre 2006
Montréal, le mardi 7 novembre 2006
Dans une décision étonnante, la Commission de léquité salariale
accorde au gouvernement Charest une prolongation de deux ans pour
compléter le versement des ajustements salariaux à quelque 360,000
employés de lÉtat. Au lieu des cinq versements prévus à la Loi, la
Commission permet à Québec détaler les paiements sur six ans, soit
sept versements se terminant en novembre 2007. Une décision qui
aura un impact financier direct sur les employés visés, la plupart
des femmes, et qui se situe juste en deçà des trois années de
prolongation demandées au départ par le gouvernement et se
terminant en novembre 2008.
«Nous déplorons amèrement la décision prise
par la Commission. En se rendant aux arguments budgétaires et
financiers du gouvernement Charest, on prolonge la discrimination
faite aux femmes au sein même de la fonction publique», affirme
Louise Valiquette, directrice-adjointe du SCFP au Québec.
Le principal syndicat affilié à la FTQ va maintenant consulter ses
instances et étudiera toutes les options disponibles afin de
défendre les intérêts de ses membres. «Une chose est claire,
nous nacceptons pas que la Commission et le gouvernement Charest
fassent reculer les femmes et les privent de leurs droits. Nous
allons évaluer le meilleur parcours possible pour que les
discriminations dont sont victimes les femmes soient finalement
aplanies», lance Louise Valiquette.
Des impacts bien concrets pour les femmes
Létalement des versements pour léquité salariale nest pas
uniquement une question dintérêts perdus, cela modifie
considérablement les sommes reçues par les salariés de lÉtat.
Celles qui devraient être pleinement compensées paieraient donc le
prix des choix budgétaires et législatifs du gouvernement
québécois.
Ainsi, le salaire horaire dune préposée aux bénéficiaire, au 21
novembre 2005, qui aurait du être, selon la Loi, de 17,08$, ne
serait que de 16,65$ suite à la décision de la Commission. Les
conséquences se font aussi sentir en ce qui concerne la
rétroactivité. Pour cette même travailleuse, le montant reçu serait
de 3847,94$, au lieu des 6403,85$ prévus initialement. Une perte
nette pour cette femme de 2555$.
Dans le secteur de léducation, une surveillante délèves verra son
salaire pour 2005 se situer à seulement 16,65$ lheure au lieu des
17,08$ qui auraient été obtenus en respectant ce qui était prévu au
départ. En ce qui concerne la rétroactivité de cette employée, on
évalue sa perte sèche à 2468 dollars lorsquon passe de cinq à sept
versement. Pour lensemble des employés concernés, les pertes se
chiffrent à 796 millions de dollars si on applique la prolongation
de deux ans.
Comptant près de 100,000 membres au Québec, le SCFP est présent
dans plusieurs secteurs dactivités, entre autres, la santé et les
services sociaux, léducation, les universités, les municipalités,
lhydroélectricité, les transports urbain et aérien, les
communications, les sociétés dÉtat et organismes publics
québécois. Il est aussi le plus important syndicat affilié de la
FTQ.
