En signe de bonne foi – LES CHAUFFEURS D’AUTOBUS DE SHERBROOKE SUSPENDENT LEUR GRÈVE
5 septembre 2002
Sherbrooke, le mercredi 4 septembre 2002, à 21 h 30 – Les
chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Sherbrooke
(STS), qui ont déclenché un arrêt de travail hier pour faire
avancer leur négociation, suspendent leur grève. C’est donc dire
que les autobus rouleront normalement dans les rues de Sherbrooke
demain (jeudi) à partir de 05h15. Le président du syndicat André
Boucher précise « qu’il est important de donner une chance à la
négociation. » Il ajoute : Déjà on doit déplorer les délais
occasionnés par le peu de sérieux que la partie patronale a mis
pour déposer ses demandes, cependant, une rencontre est prévue pour
demain jeudi. »
Pour le président du syndicat, le retour au
travail « ne signifie pas que tout est réglé et que tout va bien
». Il rappelle que le but poursuivi n’est pas de faire la grève
pour faire la grève, mais bien d’obtenir un contrat de travail
acceptable pour l’ensemble des membres le plus rapidement possible.
Pour la suite des événements, à savoir si la grève reprendra ou non
plus tard en septembre, l’exécutif syndical entend réévaluer la
situation à la lumière des développements à la table des
négociations.
Le litige
Parmi les sujets litigieux entre les parties on retrouve la
question des pauses-café et pauses-repas, l’amplitude des journées
de travail, la question salariale, la reconnaissance des années
accumulées aux autres secteurs, la sous-traitance, le transport par
navette aux différents points de travail, ainsi que les demandes
patronales sur l’introduction de chauffeurs à temps partiel.
Un chauffeur d’autobus reçoit une rémunération fixe de 18,65 $
l’heure. Le comité d’équité salariale formé par la STS a conclu que
le salaire du chauffeur devrait se situer autour de 22 $ l’heure et
la loi prévoit que ce salaire soit échelonné sur cinq ans. En
comparaison avec les autres sociétés de transport, le salaire versé
aux chauffeurs de la STS est moins généreux qu’ailleurs au Québec.
D’autre part, la part municipale du budget de la STS n’est que de
26 %, loin derrière les 35 % de Longueuil, les 42 % de Québec ou
les 53 % de Laval, toutes des villes qui, comme Sherbrooke,
fournissent un service de transport en commun à leurs citoyens.
Le contrat de travail des chauffeurs d’autobus de la STS est échu
depuis le 28 février 2002 et les parties sont en négociation depuis
quatre mois. Le 11 juin dernier, c’est à l’unanimité que les
chauffeurs d’autobus ont confié à leur exécutif syndical le mandat
d’entreprendre des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la
grève.
En plus des quelque 115 chauffeurs de la STS regroupés au sein de
la section locale 3434, le SCFP représente 6 500 membres dans le
transport urbain au Québec. En plus de ce secteur d’activité, le
SCFP est aussi présent dans 10 autres secteurs, entre autres, les
universités, la santé et les services sociaux, l’éducation, les
municipalités, le transport aérien et les communications. Comptant
au total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus
important syndicat affilié de la FTQ.
