Décès de la syndicaliste Lucie Richard
16 octobre 2006
Montréal, le lundi 16 octobre 2006
Cest avec énormément de tristesse que le Syndicat canadien de la
fonction publique (SCFP-FTQ) a appris le décès de sa directrice
québécoise, Lucie Richard, survenu dimanche soir. Elle était aussi
vice-présidente de la FTQ et membre du conseil dadministration du
Fonds de solidarité. Victime dun cancer, elle avait eu 56 ans en
août.
«Cest une perte énorme pour le monde
syndical et pour le SCFP en particulier, a déclaré Michel
Poirier, directeur par intérim du SCFP au Québec. Lucie était
une militante aguerrie et une organisatrice hors pair. Elle avait
commencé à militer à 18 ans, à la fin des années 1960 à
lUniversité Laval à Québec. Elle sétait toujours démarquée et
donnée à fond. Elle aura été de tous nos combats. À sa famille, ses
amis et ses collègues de travail, nous offrons nos plus vives
condoléances.»
Son parcours
Le premier engagement syndical de Lucie Richard remonte à
1968-1969, moment où elle participe comme simple membre à la
campagne qui devait permettre au Syndicat des employées et employés
de lUniversité Laval (SEUL) de joindre le SCFP. Dans la décennie
suivante, elle gravit les échelons un à un. Dabord membre de
lexécutif syndical, elle sera élue présidente du SEUL en 1981. De
son passage à ce syndicat, on retiendra les premières négociations
en cartel dans le monde universitaire. Ces négociations sont
marquées par une grève en 1983 et un lock-out en 1984.
En mai 1984, celle que le journal Le Soleil qualifie de «
leader et rebelle » accède à la présidence du SCFP-Québec. Elle est
ensuite embauchée comme conseillère syndicale en mars 1986. Elle
assumera cette fonction au bureau du SCFP de Québec jusquen 1992.
Au cours de cette période, elle travaille, entre autres, avec les
syndicats des secteurs de la santé, de léducation et des
municipalités. Elle participe aussi à plusieurs campagnes de
syndicalisation, notamment avec son confrère Maurice Gaulin. Elle
sera de toutes les périodes de maraudage dans le secteur de la
santé.
En 1993, à la demande dHenri Massé, elle assume la coordination
des syndicats du secteur public du SCFP. À cette même période, elle
quitte la ville de Québec pour remplir ses nouvelles fonctions à
partir du bureau du SCFP à Montréal.
Dans les années 1990, son engagement dans les campagnes de
recrutement ne se dément pas. Elle participe à plusieurs campagnes
denvergure, comme celles de lhôpital Laval de Québec, du Casino
de Hull, des spécialistes et professionnels dHydro-Québec et, plus
récemment, aux nombreux scrutins dallégeance syndicale dans le
secteur de la santé imposés par la loi 30 du gouvernement Charest.
En 2000, elle est nommée directrice adjointe du SCFP au Québec. Six
ans plus tard, en février 2006, elle devient directrice québécoise
du SCFP. Aussitôt désignée, elle est terrassée par un cancer qui la
force à cesser ses activités professionnelles. En septembre
dernier, elle demande à être remplacée à son poste.
Les détails des obsèques de Lucie Richard seront connus
ultérieurement.
Le SCFP représente environ 70% de lensemble des employés
municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est
présent dans 10 autres secteurs dactivités au Québec, entre
autres, la santé et les services sociaux, léducation, les
transports urbain et aérien, lhydroélectricité, les sociétés
dÉtat et organismes publics québécois et les communications.
Comptant au total près de 100,000 membres au Québec, il est le plus
important syndicat affilié de la FTQ.
