Appel au boycott d’un jour du Journal de Québec
18 juin 2007
Québec, le
lundi 18 juin 2007 Sous le coup dun lock-out décrété par
leur employeur le 22 avril, les syndiqués lancent un appel au
boycott dun jour du Journal de
Québec, soit le jeudi 21 juin. Cette démarche vise à forcer
les négociateurs de Quebecor à retourner à la table des
négociations en faisant montre de bonne foi.
La semaine dernière, pour la troisième fois
depuis avril, les syndicats de limprimerie, des bureaux et de la
rédaction (SCFP-FTQ) ont contacté le conciliateur au dossier, afin
de ramener Quebecor à la table. Les syndicats ont même déposé une
proposition qui, croient-ils, est en mesure de relancer les
négociations et den arriver à un règlement rapidement. Ce fut
peine perdue.
Les négociateurs de Quebecor ont rejeté du revers de la main la
proposition, ne daignant même pas tenter de faire à leur tour un
bout de chemin afin darriver à un règlement négocié. Quebecor
maintient toutes ses demandes depuis le dépôt de la proposition
patronale qui remonte au 1er décembre et malgré dimportantes
ouvertures de la part des syndicats, la compagnie reste campée sur
ses positions et dans son attitude daffrontement. Cest
inacceptable!
Plutôt que de briser, de barrer les rues en manifestant, de
déranger la population ou de se plaindre, les syndiqués ont décidé
de retrousser leurs manches et doffrir à leurs concitoyens un
quotidien gratuit de qualité, le MédiaMatinQuébec. Cette publication
leur permet dinformer le public, mais également et surtout de
revendiquer leurs droits et de ne pas sombrer dans loubli et
lindifférence.
Les lockoutés demandent donc un coup de main et un geste de
solidarité significatif à la population de Québec afin de
convaincre la direction de Quebecor de revenir à la table de
négociations, ce qui permettra, ultimement, le retour au travail au
Journal de Québec.
Votre appui
Cet appui, demandé à la population, prendra la forme dun boycott
du Journal de Québec, le
21 juin, jour le plus long de lannée. Ce jour-là, nous demandons
de ne pas acheter le Journal de Québec et de ne pas le lire au
restaurant ou ailleurs. Ignorez-le. Prenez un autre journal. Le
MédiaMatinQuébec fera très
bien laffaire.
Montrez à Quebecor que les gens de Québec sappuient entre eux et
ne veulent pas être considérés comme des citoyens de seconde zone
qui se contentent dun quotidien contenant peu de nouvelles locales
ou régionales, tout en laissant ses artisans sur le pavé.
Vous avez droit à un quotidien de qualité, un quotidien que nous
avons mis une quarantaine dannées à améliorer et qui ne cesse de
se détériorer depuis deux mois. Nous vous remercions à lavance de
votre appui, de votre solidarité, et nous vous remercions également
de laccueil et des encouragements que vous nous avez réservés
jusquà présent. Alors, le 21 juin, passez le mot pour nous aider:
boycott du Journal de
Québec.
Rappel du lock-out au Journal de Québec
Les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous le coup
dun lock-out décrété par lemployeur le 22 avril. En solidarité
avec leurs collègues jetés sur le trottoir, les employés de
limprimerie ont voté la grève à 97%. Avant le déclenchement du
lock-out, aucun des trois syndicats navaient même demandé de
mandat de grève à leurs membres.
Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit, pour rappeler leur cause à la population de Québec. Aucun
piquet de grève na été érigé par les syndiqués. Depuis la
fondation du Journal de Québec en 1967, aucun conflit de travail
navait eu lieu. Il y a un an et demi, tous les employés syndiqués
du Journal avaient accepté de reconduire la convention collective
pour un an en partenariat avec lemployeur qui faisait face à un
concurrent, Le Soleil, qui
passait au format tabloïd pour mieux le concurrencer.
Les employés salariés du Journal
de Québec sont tous membres du Syndicat canadien de la
fonction publique (SCFP-FTQ) En plus des employés du Journal, le
SCFP compte 7000 membres dans les communications au Québec et est
présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et les
services sociaux, les universités, léducation, les transports
urbain et aérien, les sociétés dÉtat et organismes publics
québécois, lhydroélectricité et les municipalités. Avec près de
100,000 membres, le SCFP reste le plus important affilié de la FTQ
qui, elle-même, est la plus imposante centrale syndicale au Québec
avec 500,000 membres.
