Une opération purement cosmétique
2 décembre 2004
Montréal, le jeudi 2 décembre 2004 –
«C’est du vent, de la poudre aux yeux!», s’est exclamé Mario
Gervais, président du SCFP-Québec, en prenant connaissance des
amendements de la ministre Monique Jérôme-Forget au projet de loi
créant l’Agence des partenariats public-privé (PPP). Pour le
Syndicat canadien de la fonction publique, il s’agit de
modifications superficielles qui ne modifient pas fondamentalement
le mandat de l’Agence, ni la volonté du gouvernement Charest
d’imposer le modèle des PPP aux organismes publics. «Le
gouvernement Charest reste sourd aux nombreux arguments présentés
par une multitude d’organismes lors des audiences de la commission
parlementaire. Il poursuit sa marche forcée vers les privatisations
en douce des services publics québécois», ajoute Mario Gervais.
Pour le syndicat, les problèmes liés aux
secrets entourant les contrats en PPP demeurent entiers. «Le
Protecteur du citoyen et la Vérificatrice générale auront un droit
de regard sur les activités de l’Agence, mais cela ne change rien
au problème de la transparence. Les contrats PPP seront toujours
des ententes privées, des contrats secrets, à l’abri des regards et
de toute vérification de la part du public. C’est une mascarade, la
ministre Jérôme-Forget tente d’endormir la population avec des
modifications cosmétiques», lance Pierre Dupuis, directeur
québécois du SCFP.
Selon le SCFP, les expériences de partenariats public-privé dans
les autres provinces canadiennes ou en Europe ont démontré les
pièges d’une telle approche. Dans toutes les situations, la qualité
des services a diminué, ont a sabré dans les conditions de travail
des employés, les coûts globaux ont augmenté, la dette publique
s’est accentuée au terme des contrats, et des tarifs ont été
imposés aux usagers des services. «Le gouvernement ne peut se
déresponsabiliser et donner au secteur privé, qui recherche d’abord
et avant tout les profits, le soin d’offrir des services essentiels
à l’ensemble de la population», de conclure Pierre Dupuis.
Comptant près de 100,000 membres au Québec, le SCFP est présent
dans plusieurs secteurs d’activités, entre autres, la santé et les
services sociaux, l’éducation, les universités, les municipalités,
l’hydroélectricité, les transports urbain et aérien, les
communications, les sociétés d’État et organismes publics
québécois. Il est aussi le plus important syndicat affilié à la
FTQ.
