Christine Fréchette appauvrirait le Québec en le rendant locataire de ses écoles plutôt que propriétaire
5 mars 2026
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) lance une mise en garde au sujet de l’intention de Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ), de ranimer le vieux modèle défaillant des soi-disant « partenariats public-privé » ou PPP, cette fois-ci pour les bâtiments du réseau scolaire du Québec. Le SCFP, qui détient une expertise de plusieurs décennies sur le sujet, souligne qu’il s’agit d’une parfaite aberration.
Essentiellement, Mme Fréchette propose de confier à des investisseurs privés non seulement la construction, mais aussi la propriété et la gestion des écoles du Québec. Le premier piège est le financement : alors que le gouvernement du Québec finance normalement de telles infrastructures avec ses propres leviers offrant des taux très avantageux, les promoteurs ou consortiums privés se financent à des taux automatiquement et nettement plus élevés. Il faudrait alors que les contribuables québécois, en devenant locataires plutôt que propriétaires, ramassent la facture salée de cet écart de financement.
Le deuxième piège est l’exigence de profit. Le Québec locataire de ses écoles serait prisonnier de contrats de location qui assureraient des profits quasi garantis aux consortiums propriétaires. En plus de diriger les taxes et impôts vers des profits privés, ce modèle mène typiquement à la cession au gouvernement de bâtiments en mauvais état au terme de baux de l’ordre de 30 ans.
Le troisième piège est celui de l’opacité. De tels contrats privés tendent à servir d’écran de fumée pour des gouvernements voulant accorder des faveurs dans des conditions difficiles à documenter pour les médias, les partis d’opposition et, surtout, le grand public. Aussi, ces contrats peuvent servir de passe-passe comptable pour dissimuler un endettement public, alors que de tels baux échappent généralement au calcul de la dette d’une province.
« Disons-le franchement, les PPP dans le domaine des bâtiments scolaires, ça sent la magouille. C’est payer moins maintenant, avec la garantie de payer beaucoup plus sur l’ensemble du contrat. C’est affaiblir les services publics et l’État québécois au profit de gros consortiums privés. C’est priver le réseau public de fonds dont il a grandement besoin pour garder en état les écoles existantes. C’est manquer de respect envers le personnel du réseau public à qui l’on refuse les moyens de bien faire son travail. C’est renoncer à la mission normale de l’État. On a malheureusement vu la même tendance chez Hydro-Québec quand Mme Fréchette en était ministre responsable : par exemple, avec le Plan d’action 2035 et le dossier des éoliennes, c’est la même logique néfaste d’abandonner des actifs stratégiques au secteur privé », de lancer Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP représente près de 14 500 membres dans le secteur de l’éducation au Québec.
