Hydro-Québec déboutée une deuxième fois en une semaine devant le Tribunal administratif du travail
28 octobre 2026
Le Syndicat des employé-e-s de métiers d’Hydro-Québec (SCFP 1500) obtient une deuxième victoire devant le Tribunal administratif du travail (TAT) en moins d’une semaine. Le Tribunal a accueilli une demande de redressement du syndicat et ordonné à Hydro-Québec de libérer les salariés désignés pour assurer la coordination des rappels et la répartition du travail nécessaire au maintien des services essentiels durant la grève.
La semaine dernière, le TAT avait déjà rejeté la majeure partie des demandes d’Hydro-Québec visant à élargir la liste des services essentiels, concluant notamment que les difficultés soulevées par l’employeur relevaient davantage de problèmes de gestion et de planification que d’un risque pour la santé ou la sécurité du public.
Dans ce dossier, Hydro-Québec avait insisté pour que le syndicat assume la responsabilité du rappel des travailleurs dans le secteur de la distribution afin d’assurer le maintien des services essentiels. Or, une fois cette responsabilité reconnue, l’employeur a refusé les libérations syndicales nécessaires pour permettre au syndicat de remplir ses obligations. Ce dernier a donc déposé une demande de redressement ainsi qu’une plainte pour entrave aux activités syndicales. Celle-ci sera entendue plus tard.
« Une fois de plus, le Tribunal vient rappeler à Hydro-Québec que les problèmes qu’elle tente d’imputer au syndicat découlent d’abord de ses propres pratiques de gestion et de planification. On ne peut pas exiger que le syndicat assume une responsabilité, puis lui retirer les moyens de l’exercer », a déclaré Frédéric Savard, président de la section locale 1500 du SCFP.
Le Tribunal est particulièrement clair. Il avance que l’argument d’Hydro-Québec fondé sur ses besoins opérationnels ne peut être retenu et ajoute qu’encore une fois « la preuve qu’elle administre met principalement en lumière des retards dans la planification des travaux ainsi que certaines difficultés de gestion. »
Pour le SCFP, ces deux décisions successives révèlent un problème plus profond qui devra être abordé par la société d’État.
« Deux décisions en une semaine arrivent essentiellement à la même conclusion. Il y a des enjeux de gestion et de planification chez Hydro-Québec que l’employeur doit corriger. Il faut maintenant cesser de chercher des responsables ailleurs et s’attaquer aux véritables défis organisationnels mis en lumière par ces jugements parce que ces décisions amènent plus de questions que de réponses quant à la gouvernance de notre société d’État », a ajouté Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
Rappelons que le syndicat représente plus de 6200 travailleuses et travailleurs spécialisés et que la convention collective est échue depuis le 31 décembre 2023. Il s’agit de leur deuxième séquence de grève dans le cadre de la négociation.
