Violence dans les écoles : non M. Ferrandez, le personnel de soutien ne l’invente pas
1 octobre 2026
Dans une chronique diffusée au 98.5 Montréal le 30 septembre 2026, Luc Ferrandez a affirmé que les syndicats avaient « sauté là-dessus comme la petite vérole sur le bas clergé » lorsqu’il est question de violence dans les écoles. Ces propos ne reflètent pas la réalité vécue par de nombreux membres du personnel de soutien qui se sentent encore plus ignorés lorsqu’ils entendent de tels propos. La violence dans nos écoles n’est pas un prétexte ou un argument dans un débat : elle est vécue, signalée et documentée sur le terrain.
Le SCFP-Québec reconnaît pleinement que les causes de l’absentéisme sont multiples, comme le démontre l’enquête de Radio-Canada. Mais reconnaître cette complexité ne doit pas servir à minimiser les agressions physiques, verbales et psychologiques subies par le personnel scolaire.
« Personne ne prétend que chaque absence est causée par la violence. Mais il faut écouter ce que nous disent les travailleuses et travailleurs sur le terrain. Des éducatrices spécialisées, des surveillantes d’élèves, des préposées aux élèves handicapés et d’autres membres du personnel de soutien sont frappés, mordus, menacés ou confrontés à des situations qui laissent parfois des séquelles bien réelles. Ce ne sont pas des anecdotes inventées pour faire les manchettes », affirme Michelle Poulin, vice-présidente du secteur de l’éducation du SCFP-Québec.
Les sections locales du SCFP reçoivent régulièrement des témoignages de membres victimes d’agressions. Derrière les rapports d’accident, les déclarations à la CNESST et les arrêts de travail, il y a des personnes qui doivent composer avec les conséquences physiques et psychologiques de ces événements.
« Les syndicats n’ont pas découvert cet enjeu avec une manchette. Depuis des années, nous réclamons davantage de ressources, de formation, de soutien clinique et de mesures de prévention. On peut discuter des différentes causes de l’absentéisme, mais on ne devrait jamais ridiculiser ou banaliser la violence réellement vécue dans nos écoles », ajoute Michelle Poulin.
Reconnaître cette violence ne signifie pas présenter les écoles comme des zones de guerre. Cela signifie prendre au sérieux la santé et la sécurité de celles et ceux qui accompagnent les élèves chaque jour et agir concrètement pour mieux les protéger.
