La sécurité d’enfants en péril dans les services de garde scolaires de plusieurs régions
4 septembre 2026
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) dénonce les dépassements de ratios dans des services de garde en milieu scolaire de plusieurs régions du Québec. Dans certains cas, une seule éducatrice ou un seul éducateur peut se retrouver en charge de groupes comptant jusqu’à 40 enfants.
Des dépassements sont observés tous les jours dans cinq Centres de services scolaires : de la Capitale, de Portneuf, de Saint-Hyacinthe, des Grandes-Seigneuries et de Rouyn-Noranda. Dans le cas de Portneuf, la situation est critique : des membres du personnel ont exercé un refus de travail et une intervention de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) est en cours.
Ces situations contreviennent au seuil prévu à l’article 6 du Règlement sur les services de garde en milieu scolaire, qui établit un maximum de 20 élèves par membre du personnel de garde présent auprès d’eux. Un ratio de 1 pour 40 représente donc le double de la limite réglementaire.
« Nous sommes seulement à la première semaine complète de la rentrée scolaire, et des dépassements de ratios sont déjà observés dans la plupart des centres de services scolaires sous ma juridiction syndicale. Confier jusqu’à 40 enfants à une seule personne est alarmant et inacceptable. Le ratio de 1 pour 20 n’est pas une cible facultative : c’est une exigence réglementaire conçue pour protéger les enfants et le personnel. Malgré les signalements répétés et une pénurie de personnel qui perdure depuis plusieurs années, le gouvernement et la CNESST ne prennent pas la mesure de l’urgence. Il faut agir maintenant », de lancer Michelle Poulin, vice-présidente du secteur de l’éducation du SCFP-Québec.
Pour le SCFP, il ne s’agit pas d’un simple problème administratif mais d’un enjeu urgent de santé et de sécurité. La pénurie de personnel continue d’être alimentée par des conditions insoutenables : surcharge de travail, exposition à la violence et manque de soutien sur le terrain. Ces facteurs nuisent directement à l’attraction et à la rétention du personnel et entretiennent un cercle vicieux qui fragilise les services offerts aux familles.
« Personne ne souhaite en arriver à des bris de service. Cependant, si le gouvernement n’intervient pas rapidement, c’est ce qui guette plusieurs écoles du Québec », d’ajouter Michelle Poulin.
Le SCFP rappelle que les services de garde scolaires font partie intégrante du milieu de vie des élèves et qu’ils ont notamment pour objectif d’assurer leur santé et leur sécurité. Le gouvernement du Québec doit assumer pleinement sa responsabilité en garantissant les ressources nécessaires.
Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP représente près de 14 500 membres dans le secteur de l’éducation au Québec.
