Trois ans de salaire pour le DG sortant : les cols bleus dénoncent le « deux poids, deux mesures » de la Ville de Montréal
11 juin 2026
Le Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal (SCFP 301) dénonce vivement l’entente de départ accordée au directeur général de la Ville, Benoit Dagenais. Entérinée à huis clos par le comité exécutif, cette entente lui garantit une rétribution équivalant à trois ans de salaire, soit plus d’un million de dollars. Le salaire du directeur général avoisine les 368 000 $ par année. Un col bleu devrait travailler une vingtaine d’années pour gagner ce que la Ville verse ici à un seul gestionnaire, simplement pour qu’il quitte son poste.
Pendant ce temps, aux tables de négociation avec ses salarié.e.s, la Ville tient un tout autre discours. Elle invoque sans cesse la capacité de payer des citoyen.e.s. Elle va même jusqu’à demander au syndicat de trouver lui-même des solutions pour économiser et financer les augmentations salariales.
« Quand vient le temps de payer un haut dirigeant pour quitter son poste, l’argent apparaît comme par magie. Quand vient le temps de payer correctement ceux qui déneigent les rues, ramassent les ordures, entretiennent les parcs, exercent les métiers spécialisés de la construction et font tourner les usines d’eau potable, on nous parle de rigueur budgétaire. C’est insultant pour nos membres et c’est insultant pour les citoyen.ne.s », déclare Nicolas De Ciccio, président du SCFP 301.
Le syndicat rappelle que les cols bleus sont au front chaque jour pour livrer les services à la population, beau temps, mauvais temps. Ce sont eux qui font fonctionner la ville.
« On ne demande pas la lune. On demande le respect. La Ville ne peut pas plaider la pauvreté devant ses salarié.e.s le matin et signer un chèque d’un million l’après-midi. Si la capacité de payer existe pour les dirigeants, elle existe pour ceux et celles qui effectuent le travail », ajoute le président.
Le SCFP 301 invite l’administration Martinez Ferrada à faire preuve de cohérence et à démontrer, à la table de négociation, la même considération qu’elle réserve à ses hauts dirigeants.
