Fiscalité municipale: le rapport Jérôme-Forget et Marceau rate sa cible
15 mai 2026
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) déplore qu’on présente les travailleuses et travailleurs municipaux comme faisant partie du problème dans le Rapport sur la fiscalité et les finances municipales rédigé par Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau pour l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Bien que le rapport pose certains constats justes sur les défis auxquels font face les municipalités, le SCFP-Québec estime que les auteurs font fausse route lorsqu’ils s’attaquent aux conditions de travail des employés municipaux. En laissant entendre que les travailleuses et travailleurs seraient une cause importante des difficultés financières des municipalités, le rapport tente de leur faire porter le poids d’un problème dont ils ne sont pas responsables.
« Le problème du financement municipal, ce ne sont pas les travailleuses et travailleurs. Les employés municipaux ne sont pas responsables de l’élargissement des responsabilités des villes, de la crise de l’itinérance, des coûts liés aux changements climatiques ou de la hausse des contrats privés. Avant de leur faire porter le chapeau, il faudrait regarder sérieusement où va l’argent », a déclaré Robin Côté, président du Conseil provincial du secteur municipal du SCFP-Québec.
Selon le SCFP-Québec, deux grandes réalités sont pourtant absentes du rapport. La première est la sous-traitance, qui demeure la grande oubliée de cette analyse. Dans plusieurs municipalités, des travaux qui pourraient être réalisés à l’interne sont confiés au privé, souvent à coûts élevés, alors que l’expertise existe déjà dans les équipes municipales. Le recours grandissant à la sous-traitance affaiblit les services publics, entraîne une perte d’expertise à l’interne et contribue à une hausse des coûts pour les contribuables.
La deuxième réalité absente du rapport est la multiplication des postes de gestion. Dans plusieurs municipalités représentées par le SCFP, on observe une croissance du nombre de cadres et de gestionnaires, parfois pour superviser de très petites équipes. Pendant que l’on remet en question les conditions de travail des employés qui donnent directement les services à la population, le rapport reste silencieux sur cette inflation administrative.
« Les travailleuses et travailleurs municipaux sont au cœur des solutions. Ce sont eux qui possèdent l’expertise terrain nécessaire pour entretenir les infrastructures, assurer la qualité des services publics et répondre aux nouveaux défis auxquels les municipalités sont confrontées », renchérit Roxane L’Abbée, coordonnatrice du secteur municipal au SCFP-Québec.
Le rapport souligne avec raison que les municipalités doivent composer avec une augmentation importante de leurs responsabilités sans revenus équivalents, notamment en raison des coûts liés à l’adaptation aux changements climatiques, de la crise de l’itinérance, de l’état préoccupant des infrastructures et de la hausse des coûts des contrats. Pour le SCFP-Québec, il est clair que le gouvernement du Québec doit faire sa part et donner aux municipalités les moyens de répondre adéquatement aux besoins de la population, entre autres en assurant un financement nécessaire pour l’entretien, la réparation et l’amélioration des infrastructures.
Mais une chose demeure claire : on ne réglera pas les défis du monde municipal en s’attaquant aux conditions de travail de celles et ceux qui font vivre les services publics au quotidien.
