Les chauffeurs d’autobus de la STO alarmés de l’avenir du transport collectif à Gatineau
11 mars 2026
Les chauffeurs et chauffeuses d’autobus de la Société de transport de l’Outaouais (STO) n’ont jamais été aussi inquiets de l’avenir du transport en commun à Gatineau. C’est le message lancé aujourd’hui par leur syndicat, la section locale 5910 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Les chauffeurs font bien sûr allusion aux compressions annoncées de 205 millions de dollars sur cinq ans qui remettent en question le prolongement du Rapibus vers l’aéroport, le projet de tramway vers Ottawa ainsi que l’acquisition de 20 autobus électriques. Mais d’autres symptômes leur font craindre une stagnation voire une détérioration du service, à l’heure où le déclin du télétravail en région signale une demande accrue.
« Il faut que les usagers sachent qu’à l’heure actuelle, le dialogue habituel et souhaitable entre les chauffeurs et la Direction de l’expérience client (DEC) de la STO est pratiquement interrompu. Les chauffeurs sont les yeux de la STO partout sur le terrain, ils remarquent toutes sortes de problèmes et d’anomalies, et ont des suggestions pour les corriger. Nous, comme syndicat, nous sommes un relais essentiel dans ce processus. Malheureusement, depuis un certain temps, nous proposons des solutions mais on ne nous répond pas. Nous appelons donc la STO à rétablir la communication normale, la qualité du service à la population en dépend directement », de lancer Benoît Pichette-Sarault, président du SCFP 5910.
« Ensuite, il y a l’expansion débridée du transport dit ˝à la demande˝, c’est-à-dire des contrats que la STO attribue à des compagnies de taxi. Selon nous, il y a un créneau légitime pour ça : pour ramener vers les lignes d’autobus des usagers de secteurs trop isolés ou éloignés pour pouvoir être desservis par des autobus. Mais ce qui est en train de se passer, c’est un développement chaotique pour toutes sortes de trajets. Et ça, ce n’est pas viable à grande échelle, et surtout, ça vient parasiter les lignes d’autobus qui sont la vraie solution économique et efficace pour les usagers. En choisissant de développer le transport privé, la STO fait une croix sur des subventions qui lui permettraient de créer de nouvelles lignes d’autobus », d’expliquer le président.
Enfin, dans le contexte de course à la chefferie à la Coalition avenir Québec (CAQ) et en vue des élections provinciales de novembre prochain, le SCFP entend faire pression pour que les intérêts de l’Outaouais en matière de services publics en général et de transport collectif en particulier soient finalement entendus. Ses syndicats locaux à la STO, celui des chauffeurs d’autobus et celui des employés de l’entretien (SCFP 5440), entendent aussi exercer une surveillance accrue de la sous-traitance à la STO.
Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP représente quelque 8700 membres dans le transport terrestre au Québec.
