Lock-out au Journal de Québec Les trois syndicats du Journal de Québec ont demandé l’arbitrage de leur conflit au ministre du Travail
29 janvier 2008
Québec, le
lundi 28 janvier 2008 Les trois syndicats qui représentent
les employés du Journal de Québec ont fait parvenir en après-midi
une demande darbitrage au ministre du Travail David Whissell.
Réunis en assemblée générale en fin de journée hier (dimanche),
cest dailleurs à lunanimité que les 252 employés du Journal de
Québec avaient résolu de faire cette demande au ministre. La lettre
expédiée au ministre est aussi publiée sur le fil de presse CNW.
Dans un communiqué émis dimanche en début de
soirée, Quebecor a fait savoir «quil n’est pas question pour la direction
du Journal de demander
l’intervention d’un arbitre» sans toutefois véritablement
expliquer son refus.
Le Code du travail stipule à larticle 79 que, dans ce cas,
«l’arbitre est tenu de rendre sa
sentence selon l’équité et la bonne conscience.» Le
porte-parole des 252 syndiqués en conflit, Denis Bolduc, a déclaré
que pour la population de la ville de Québec comme pour ses
membres, ce conflit a assez duré. «Les syndiqués considèrent que si Quebecor a
de bons arguments pour défendre sa position, elle sera en mesure de
la faire devant ce tiers impartial. Pour Quebecor, a-t-il
ajouté, ce serait une façon
honorable et civilisée de régler ce conflit.»
Le 12 décembre dernier, le ministre David Whissell a déclaré que
«dès que les deux parties m’en
feront la demande, sur-le-champ je nommerai un arbitre pour régler
la convention collective au Journal de Québec» .
Rappel du conflit
Le conflit de travail au Journal
de Québec dure maintenant depuis plus de neuf mois. En
effet, les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous le coup
dun lock-out décrété par lemployeur le 22 avril. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats navait
demandé de mandat de grève à ses membres ni même exercé de moyens
de pression. En solidarité avec leurs collègues jetés sur le
trottoir par la décision de Quebecor/Sun Media, les employés de
limprimerie ont voté la grève à 97%.
Depuis la fondation du Journal de
Québec en 1967, aucun conflit de travail navait eu lieu. Il
y a un peu plus dun an et demi, tous les employés syndiqués du
Journal avaient accepté de
reconduire la convention collective pour un an en partenariat avec
lemployeur qui faisait face à un concurrent, Le Soleil, qui passait au format
tabloïd pour mieux le concurrencer.
Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit, pour rappeler leur cause à la population de Québec.
Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris plusieurs recours
judiciaires pour empêcher la publication du MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches
ont échoué.
Malgré le conflit, le Journal de
Québec continue dêtre publié. Dans une décision rendue le
23 août 2007, en application de larticle 109 du Code du travail (dispositions
anti-scabs), la Commission des relations du travail (CRT) du Québec
a ordonné à la direction du Journal de Québec de cesser de
recourir aux services de quatre personnes qui remplissaient les
fonctions de salariés en conflit. De nouvelles plaintes concernant
lutilisation de travailleurs illégaux par Quebecor ont été
déposées par les syndicats en octobre et novembre. Au total, ces
plaintes visent 17 personnes. Les audiences de la CRT sur ces
plaintes ont commencé le 14 janvier. Elles se sont poursuivies le
lundi 28 janvier. Le 5 février, le Journal de Québec et le journaliste de
Canoë Hubert Lapointe font face à des accusations criminelles pour
avoir, lété dernier, divulgué le nom dune victime dagression
sexuelle malgré une ordonnance de non-publication. Hubert Lapointe
est lune des 17 personnes visées par les plaintes sur lemploi de
scabs.
