Diversité des voix en information Le CRTC ne règle aucun problème
15 janvier 2008
Montréal, le
mardi 15 janvier 2007 Le plus grand syndicat du secteur
des communications au Québec, le SCFP, est déçu des mesures
annoncées aujourdhui par le CRTC concernant la diversité des voix
en information. «Essentiellement,
le CRTC vient entériner la situation actuelle de la propriété
croisée. Cest nettement insuffisant à nos yeux et lorganisme qui
a le devoir de protéger le public pèche ici par excès de prudence.
La concentration des voix ne pourra saggraver, mais aucun des
problèmes que nous vivons en ce moment nest réglé. À nos yeux, le
CRTC a abdiqué ses responsabilités», affirme Jean Chabot,
président du secteur des communications du SCFP.
Dans sa décision, le CRTC annonce quun
propriétaire ne pourra contrôler que deux types de médias
(télévision-radio-journaux) dans un même marché. «Ça ne change strictement rien à la propriété
croisée actuelle! Personne ne possède les trois médias dans une
même région. Mais nos membres constatent quotidiennement les
difficultés que posent les échanges entre les salles de nouvelles
avec seulement deux médias», lance Michel Bibeault,
directeur-adjoint au SCFP.
Le CRTC jette aux poubelles le
Code de déontologie de Quebecor Média
En ce qui concerne lindépendance journalistique, le constat est
encore plus sombre selon le SCFP. Dun seul trait de crayon, le
CRTC vient de faire disparaître le Code de déontologie de Quebecor
qui avait permis de restreindre et de baliser léchange
dinformation et de contenu entre les différentes salles de
nouvelles de lempire médiatique. «Le conseil vient douvrir toutes grandes les
portes à la fusion de salles de nouvelles dun même propriétaire.
La perte de la diversité des voix risque uniquement de saccélérer
au détriment de notre santé démocratique si nous suivons le
chemin tracé par le CRTC. Il faudra que la société civile se dresse
contre ce dangereux glissement», insiste Jean Chabot.
Le syndicat sinquiète particulièrement de lacceptation du code
proposé par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision
(CCNR). Lorsquil sy réfère le CRTC affirme «Le Code énonce des procédures visant à
garantir que les radiodiffuseurs conservent des structures de
direction et de présentation des nouvelles distinctes et séparées
de celles de leurs journaux affiliés.» Pour le SCFP, il est
inacceptable quon garde sous silence tout ce qui a trait à la
cueillette et au traitement de l’information. «On sattaque ici aux fondements mêmes du
travail journalistique de qualité. Si les entreprises peuvent
échanger à leur guise informations, photos, images, captations
sonores ou vidéo, on en arrive nécessairement à des
journalistes-orchestres qui vont alimenter de multiples
plates-formes qui présenteront et répéteront les mêmes nouvelles.
Est-ce vraiment ce que nous souhaitons pour ce qui est le quatrième
pouvoir dans nos démocraties?», sinterroge Michel Bibeault.
Comptant 7000 membres dans les communications au Québec, le SCFP
est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et
les services sociaux, léducation, les transports urbain et aérien,
les sociétés dÉtat et organismes publics québécois,
lhydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100,000
membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.
