Les lockoutés du Journal de Québec reçoivent un accueil enthousiaste de la FTQ «C’est le combat de toute la ville de Québec!»
27 novembre 2007
Québec, le
mardi 27 novembre 2007 Les 252 travailleurs en conflit au
Journal de Québec étaient
les invités du congrès de la FTQ plus tôt aujourdhui. Cest par
une ovation debout et sous un tonnerre dapplaudissements et de
cris dencouragement que les quelque 2000 personnes présentes ont
accueilli les lockoutés de Quebecor.
Le porte-parole des trois syndicats en conflit
a dabord rappelé le courage de ses 250 collègues victimes, comme
lui, de lintransigeance de Quebecor. Dans son allocution, il a
demandé laide de toute la FTQ : «On a besoin de votre appui financier
récurrent car on na pas envie de subir la pression financière de
Quebecor, pas plus que daller négocier à genoux». Au
passage, il a rappelé que le combat des travailleurs en lock-out
est aussi celui de la ville et de la région de Québec. «Quebecor prend largent des abonnés et des
annonceurs de Quebecor pour remplir sa valise et se sauver
avec.»
Pour sa part, le président de la FTQ, Henri Massé, a établi un
parallèle avec le conflit très dur de Vidéotron. «Il y a cinq ans, a-t-il mentionné,
Quebecor avait vendu ses
techniciens. Aujourdhui, Quebecor vend ses produits avec limage
des techniciens et il fait de largent comme de leau. Cest nous
qui lavons empêché de commettre une erreur monumentale.»
Les grandes étapes de ce
conflit
Le conflit de travail au Journal
de Québec dure depuis plus de sept mois. En effet, les
employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous le coup
dun lock-out décrété par lemployeur le 22 avril. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats navait
demandé de mandat de grève à ses membres ni même exercé de moyens
de pression. En solidarité avec leurs collègues jetés sur le
trottoir par la décision de Quebecor/Sun Media, les employés de
limprimerie ont voté la grève à 97 %.
Depuis la fondation du Journal de
Québec en 1967, aucun conflit de travail navait eu lieu. Il
y a un peu plus dun an et demi, tous les employés syndiqués du
Journal avaient accepté de
reconduire la convention collective pour un an en partenariat avec
lemployeur qui faisait face à un concurrent, Le Soleil, qui passait au format
tabloïd pour mieux le concurrencer.
Depuis le 24 avril, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine le MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit, pour rappeler leur cause à la population de Québec.
Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris plusieurs recours
judiciaires pour empêcher la publication du MédiaMatinQuébec. Toutes ses démarches
ont échoué.
Malgré le conflit, le Journal de
Québec continue dêtre publié. Dans une décision rendue le
23 août 2007, en application de larticle 109 du Code du travail
(dispositions anti-scabs), la Commission des relations du travail
(CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de Québec de cesser de
recourir aux services de quatre personnes qui remplissaient les
fonctions de salariés en conflit. De nouvelles plaintes concernant
lutilisation de travailleurs illégaux par Quebecor ont été
déposées par les syndicats en octobre et novembre. Ces plaintes
visent 16 personnes. Elles seront entendues par la CRT à compter du
mois de janvier.
