Le Journal de Québec perd des ventes
5 novembre 2007
Québec, le
lundi 5 novembre 2007 Le Journal de Québec se dégonfle et perd
des plumes. Le quotidien vend près de 20,000 exemplaires en moins
chaque semaine, même si lentreprise a mené, ces derniers mois, la
campagne dabonnement la plus énergique des 20 dernières années et
probablement de son histoire.
Dans sa livraison de samedi, le quotidien
Le Soleil a publié un
tableau tiré des résultats de lABC au 30 septembre 2007. Selon les
calculs de léditeur du Soleil, Journal de Québec vend 11,360
exemplaires en moins la semaine, 6167 exemplaires en moins le
samedi et 2270 en moins le dimanche.
Ces résultats montrent que la décision de Quebecor dimposer un
lock-out à ses employés fait mal à la crédibilité de ce journal que
nous avons mis 40 ans à bâtir.
Depuis des mois, le Journal de
Québec est distribué gratuitement dans les magasins à grande
surface de la région. Il a même été donné dans un marché aux puces.
Les camelots laissent des exemplaires à la porte de résidants qui
nont jamais demandé le Journal
de Québec. Cest sans compter lénergique campagne
téléphonique menée depuis des mois pour tenter de freiner la vague
de désabonnements des lecteurs.
Arrogance et mépris
Samedi, le vice-président au lectorat et rédacteur en chef du
Journal de Québec, Serge
Gosselin, dans un article teinté darrogance et de mépris, a écrit
que le nombre dexemplaires publiés depuis six mois a augmenté de
façon significative malgré le conflit de travail actuel.
Il a bien écrit «publiés» et non pas vendus. Quand on combine les
données du Soleil aux
prétentions du Journal de
Québec, une seule conclusion simpose: plus dexemplaires du
Journal de Québec sont imprimés et de moins en moins sont vendus.
Qui ment?
M. Gosselin tente dépater la galerie avec des chiffres
artificiellement gonflés. Sinon, les raisons données par
lentreprise au printemps pour justifier le lock-out étaient basées
sur de fausses données.
Dans une entrevue accordée sur les ondes de LCN, à 11h08, le matin
du 22 avril, le vice-président exécutif de Quebecor, Luc Lavoie, a
tenu des propos tout à fait contraires aux prétentions de M.
Gosselin, samedi.
À la lectrice de nouvelles qui lui a demandé de justifier le
lock-out, M. Lavoie a répondu ceci: «Le marché de la presse écrite, des médias
écrits, est un marché en profonde mutation à lheure actuelle. Un
marché qui est en baisse partout en Occident, partout en Amérique
du Nord, partout au Canada et le Québec nest pas épargné. Alors,
les revenus baissent, les tirages baissent, le lectorat baisse. Les
lecteurs se retrouvent ailleurs sur Internet, dans les quotidiens
gratuits, sur les canaux de nouvelles 24 heures comme le vôtre.
Alors, la réalité des médias écrits a été complètement
bouleversée… et les conditions de travail doivent sy
adapter.»
Unique
Lorsque M. Gosselin écrit que «le Journal de Québec est unique et incomparable quand vient le
temps de refléter ce qui se passe dans la région», il a dans
un sens raison. Le Journal de Québec est actuellement le seul
quotidien au Québec conçu en bonne partie par des travailleurs de
remplacement que nous navions jamais vus en ville avant le
conflit. En cela, il est parfaitement unique. Il est aussi le seul
que certains animateurs de radio de Québec qualifient de
«torchon».
Dailleurs, qui sont les «artisans déterminés» cités dans le
texte de M. Gosselin? Nous ne voyons jamais leurs signatures. Les
lecteurs ne savent pas qui écrit dans ce journal. Le Journal de Québec ne dit pas non plus
où il est imprimé et qui fait le travail dinfographie pour les
publicités. Cest sans compter que les petites annonces sont
traitées à partir de Kanata, en banlieue dOttawa.
Un seul concurrent
Par ailleurs, M. Gosselin confirme ce que nous disons devant les
tribunaux depuis le début du lock-out: le MédiaMatinQuébec est un moyen de
pression efficace et légal. Nen déplaise aux avocats de
lentreprise, le Journal de
Québec na quun seul concurrent à Québec, Le Soleil, dixit M. Gosselin. Cest
dailleurs probablement la seule chose sensée quon peut tirer de
ses écrits de samedi.
