Contrat de cueillette des déchets – LE SYNDICAT DES COLS BLEUS DEMANDE UNE ENQUÊTE
19 décembre 2002
Sept-Îles, le jeudi 19 décembre 2002 – Lundi dernier, le
Conseil de ville de Sept-Îles annonçait sa décision d’accorder le
contrat de cueillette des déchets à INNU Construction Inc., un
choix incompréhensible selon les cols bleus de la ville. Ces
derniers avaient en effet déposé une offre de service à la
municipalité pour effectuer ces travaux, offre qui aurait fait
économiser des centaines de milliers de dollars à la Ville,
comparativement à la soumission qui a été retenue.
« Ce qu’on peut comprendre de cette histoire, c’est que la
direction de la Ville avait exclu, dès le départ, que la cueillette
des ordures et des matières recyclables soit effectuée en régie,
par les employés municipaux », affirme Berthold Gagnon,
conseiller syndical au SCFP. Selon le syndicat, la Ville a
volontairement gonflé les chiffres de l’offre des cols bleus et a
ajouté des dépenses inutiles afin de discréditer et d’écarter la
proposition des employés municipaux. Une situation absurde pour le
SCFP qui maintient que l’offre présentée à la Ville était conforme
aux exigences fournies par la Ville et aurait permis à la
municipalité de réaliser des économies importantes.
« C’est un exemple classique de mauvaise
gestion reposant sur une décision politique. Pour ne pas accorder
le contrat aux cols bleus, les politiciens ont décidé de faire
payer la facture aux citoyens de Sept-Îles. Cette décision est
inacceptable, c’est du gaspillage de fonds publics! », poursuit
Berthold Gagnon. Le SCFP n’entend pas demeurer les bras croisés et
prépare sa réplique. Dans un premier temps, le syndicat va demander
au ministre des Affaires municipales et de la Métropole, André
Boisclair, d’effectuer une enquête sur le processus qui a entouré
l’attribution de ce contrat (2002-3300). « Selon nous, les
règles entourant l’attribution de ce genre de contrat n’ont pas été
respectées et l’offre des cols bleus n’a pas été traitée avec
équité. Si nous avions proposé des services plus dispendieux que
les entreprises privées, nous aurions pu comprendre, mais ce n’est
pas le cas, ce qui rend cette affaire scandaleuse », soutient
Berthold Gagnon. Les cols bleus seront donc extrêmement attentifs à
la qualité du service offert par INNU Construction et par les frais
supplémentaires qui risquent d’être assumés par les contribuables
de Sept-Îles. Enfin, ils verront aussi à demander des comptes
régulièrement à la Ville sur l’application du contrat.
Finalement, le syndicat souhaite corriger la rumeur selon laquelle
le sous-traitant tiendrait compte, dans le traitement de son
personnel, des conditions de travail des employés municipaux. Cette
information est fausse et sans fondement. Le sous-traitant n’a
jamais appliqué les conditions de la convention des cols bleus et
n’indique pas, non plus, son intention de le faire. D’ailleurs, une
audition devant la nouvelle Commission des relations du travail
aura lieu, fin janvier, pour faire reconnaître, chez INNU
Construction, la convention collective des cols bleus et, ainsi,
faire appliquer les conditions de travail correspondantes. De plus,
une nouvelle requête pour appliquer l’article 45 du Code du travail
sera déposée relativement au nouveau contrat accordé le 16 décembre
dernier.
Le SCFP représente environ 70 % de l’ensemble des employés
municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est
présent dans 10 autres secteurs d’activités au Québec, entre
autres, la santé et les services sociaux, l’éducation, les
transports urbain et aérien, l’hydroélectricité, les sociétés
d’État et organismes publics québécois et les communications.
Comptant au total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus
important syndicat affilié de la FTQ.
