Mise au point du syndicat des cols bleus de Montréal
9 décembre 2004
Montréal, le jeudi 9 décembre 2004 –
L’état des trottoirs a causé tout un émoi et provoqué une longue
série de commentaires suite à la pluie verglaçante des derniers
jours. La Ville de Montréal a tôt fait de pointer les employés
municipaux du doigt en insistant sur le fait que quelques-uns
d’entre eux, dans un nombre limité d’arrondissements, aient refusé
des assignations invraisemblables, voire même dangereuses.
En effet, la sentence arbitrale rendue par Gilles Lavoie a annulé
les centaines de lettres d’entente existantes, dont celles
concernant les travaux publics, ce qui complique plusieurs
activités. De plus, suite à cette sentence, l’assignation des
chauffeurs aux différents véhicules n’est plus assurée par des
répartiteurs cols bleus dans certains arrondissements, comme
c’était le cas depuis plus de 20 ans, mais par des cadres qui n’ont
pas l’expérience requise. La Ville s’était rapidement réjouie de
cette prétendue récupération d’un « droit de gérance ». Pour le
syndicat, on voit aujourd’hui les effets concrets de cette
décision. Peu au fait des pratiques habituelles, les cadres
assignent les employés sur des véhicules requérant des classes de
conduite ou des qualifications que ceux-ci n’ont pas. Ces mauvaises
assignations créent des malentendus, engendrent des conflits et
retardent inutilement le travail. Pour contourner ces écueils,
plusieurs arrondissements ont décidé de garder les répartiteurs
cols bleus en poste, et le travail s’effectue normalement.
Cependant, pour le syndicat, le problème de
l’entretien des trottoirs a des causes plus profondes. Les
syndiqués ont remarqué une nette détérioration depuis que les
travaux publics ne dépendent plus d’une autorité centrale, et la
qualité du service varie selon les arrondissements qui en ont
désormais la responsabilité. « Dès le départ, les
arrondissements ont vu leurs budgets réduits. Même en temps normal,
on manque d’effectifs sur le terrain. Les arrondissements tentent
de faire des économies de bout de chandelle et n’investissent pas
suffisamment pour que le travail soit bien fait. Il serait
intéressant de voir quels montants sont prévus, dans chaque
arrondissement, pour le déneigement et l’épandage d’abrasifs, et
combien d’employés sont en poste en temps normal et en cas
d’urgence? Voilà des questions essentielles qui s’adressent
directement aux élus », lance Michel Fontaine, conseiller
syndical au SCFP.
Le SCFP représente environ 70 % de l’ensemble des employés
municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est
présent dans 10 autres secteurs d’activités au Québec, entre
autres, la santé et les services sociaux, l’éducation, les
transports urbain et aérien, l’hydroélectricité, les sociétés
d’État et organismes publics québécois et les communications.
Comptant au total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus
important syndicat affilié à la FTQ.
