Câble Vidéotron – SECOND VOTE DE GRÈVE EN DEUX JOURS
29 avril 2002
Québec, le lundi 29 avril 2002 – Après ceux de Montréal et
de l’Ouest du Québec, ce sont maintenant les employés de Vidéotron
(câblodistribution et Internet) de l’Est du Québec qui menacent de
débrayer. Réunis en soirée, 331 membres de la section locale 1417
du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ) ont rejeté à 100
% les offres patronales et, du même coup, mandaté leur exécutif
syndical pour entreprendre des moyens de pression pouvant aller
jusqu’à la grève illimitée, au moment opportun. Tous les membres
ont voté dans le même sens, sauf un qui a annulé son vote. En
prenant en compte le résultat du précédent vote tenu à Laval, hier,
c’est donc dire que les offres de Vidéotron ont globalement été
refusées à plus de 99 % par les quelque 2 200 employés.
Visiblement heureux du résultat du vote,
Gilles Dubé, président du syndicat, a tenu à rappeler que «
Vidéotron est une entreprise rentable et florissante », mais
que, depuis son acquisition par Quebecor Média, le climat de
travail s’est énormément détérioré. « Pour l’ensemble de
Vidéotron, 200 personnes ont quitté leur emploi dans les huit
derniers mois, la plupart parce qu’ils étaient écurés de
l’atmosphère et des conditions de travail qui se dégradaient »,
a-t-il précisé.
Denis Plante, conseiller syndical SCFP, estime que « c’est à la
table des négociations que ce dossier-là doit se régler et qu’il va
se régler ». Il ajoute que « les employés de Vidéotron ne
sont coupables de rien et n’ont pas à payer pour les excentricités
de Quebecor et de la Caisse de dépôt, on paye tous comme Québécois
et ce n’est pas nécessaire que les employés de Vidéotron payent
deux fois ».
L’employeur exige des concessions de l’ordre de 32 millions de
dollars. Pour l’essentiel, les « offres » patronales visent à
récupérer ces 32 millions à même les conditions de travail des
employés. La stratégie patronale repose l’impartition et la
sous-traitance à large échelle et sur la vente de 650 à 700
techniciens à la firme Entourage, propriété de la famille Pouliot.
Si les offres patronales devaient être appliquées, on estime que la
moitié des emplois de Vidéotron seraient perdus. Et pour les
employés qui survivraient à l’exercice, les conditions seraient
brutalement revues à la baisse.
Les demandes patronales sont motivées par les dettes colossales de
Quebecor (8,1 milliards au 31 décembre 2001) et ses difficultés à
boucler ses fins de mois. Ces dettes énormes proviennent très
largement d’Europe (de la composante Quebecor World) et de la
surenchère contre la compagnie de câble Rogers, surenchère à
laquelle Pierre Karl Péladeau s’est prêtée lors de l’achat de
Vidéotron, il y a un an et demi. Rappelons que la Caisse de dépôt
et placement du Québec (CDP), qui gèrent les avoirs collectifs des
Québécois pour la retraite, a englouti environ un milliard dans la
transaction Vidéotron pour garder ce fleuron des communications au
Québec. Pour le SCFP, il est assez ironique que Quebecor, qui a
fait l’acquisition de Vidéotron avec l’aide de la CDP, veuille
vendre en pièces détachées ce joyau de la câblodistribution, à
peine un an plus tard?
Comptant 7 000 membres dans le seul secteur des communications, le
SCFP est aussi fortement présent dans plusieurs autres secteurs,
notamment la santé et les services sociaux, l’éducation, les
universités, les transports urbain et aérien, les sociétés d’État
et organismes publics québécois, l’hydroélectricité et les
municipalités. Avec près de 100 000 membres au Québec, le SCFP est
le plus important affilié de la FTQ.
