Journalistes et syndicalistes exclus d’une conférence sur les partenariats public-privé
19 mai 2004
Montréal, le mercredi 19 mai 2004 – Les journalistes ne sont
pas les bienvenus à un important colloque sur les partenariats
public-privé (PPP) organisé par le groupe Perform, bien qu’il soit
offert
« en collaboration avec La Presse ». Les journalistes trouveront
peut-être de quoi se consoler puisque, comme eux, les syndicalistes
se voient systématiquement refuser l’accès à cette même conférence.
C’est ce qu’a appris Sylvain Pilon, du
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), qui a soumis
son inscription, lundi, pour assister à ce colloque présenté comme
«le plus important rassemblement de hauts fonctionnaires
fédéral-provincial-municipal». À peine 45 minutes après avoir
transmis son inscription par télécopieur, il recevait un appel de
monsieur Christophe Danet du groupe Perform. Son inscription était
refusée. «La conférence, lui a-t-on dit, est réservée
uniquement aux hauts fonctionnaires de la fonction publique et au
patronat», tout en ajoutant que l’on garantissait aux
participants qu’il n’y aurait aucun journaliste ni aucun syndicat
dans la salle, le tout pour que les gens puissent « discuter des
vraies affaires». «Ce sont ses propres paroles», a précisé
Sylvain Pilon qui travaille présentement comme conseiller auprès de
syndiqués du transport en commun.
Une conférence à huis clos
Dans les circulaires annonçant la conférence Partenariats
public-privé: Comment les réussir?, il est précisé que le coût
d’inscription au colloque est de 1495$ (avant taxes) et de 500$
(avant taxes) par atelier qui sont au nombre de trois. On invite
les participants à «partage[r] à huis clos les meilleures
formules et les pièges à éviter». On y mentionne, entre autres
préoccupations, l’opinion publique, les groupes d’intérêts et les
groupes de pression. En s’inscrivant, les participants et leurs
employeurs reconnaissent «qu’il est strictement défendu de
reproduire ou de diffuser le contenu de ce colloque en tout ou en
partie, par quelque moyen que ce soit.»
Dans une lettre envoyée à nombre de gestionnaires du secteur public
ces dernières semaines, lettre signée par Pierre Dorais, on y
précise que les résultats des PPP, «à ce jour, sont dans la
plupart des cas très encourageants» et que «les médias en
font de plus en plus état.» On y annonce la présence «pour
la première fois à Montréal [d’]une délégation étrangère de hauts
fonctionnaires et de dirigeants triés sur le volet [qui] comptent
parmi les plus avancés dans l’implantation des partenariats
public-privé.» On y lit plus loin que «cette conférence à
huis clos [?] apportera des réponses sur les possibilités et les
limites de ce modèle afin d’alimenter votre réflexion pour
améliorer toujours plus l’appareil public.»
Du côté syndical, on s’étonne que toute cette science vouée, nous
dit-on, à l’amélioration des services publics doive s’entourer
d’autant de secret?
Le colloque sur les partenariats public-privé, dont il est question
dans ce communiqué, aura lieu le 20 mai à l’hôtel Hyatt Regency
Montréal et les ateliers le lendemain au Club Saint-Denis.
Les représentants des médias qui souhaitent obtenir des copies des
documents cités dans ce communiqué peuvent le faire auprès du
Service de l’information du SCFP.
Comptant près de 100,000 membres au Québec, le SCFP est présent
dans plusieurs secteurs d’activité, entre autres, la santé et les
services sociaux, les municipalités, les communications,
l’éducation, les universités, l’hydroélectricité, les transports
urbain et aérien, les sociétés d’État et organismes publics
québécois. Il est aussi le plus important syndicat affilié de la
FTQ.
