Montréal – Désaccord profond entre la Ville et les cols bleus
6 mai 2004
Montréal, le dimanche 2 mai 2004 – Les négociations entre la
Ville de Montréal et le syndicat des cols bleus sont au plus mal.
Reprises en mars dernier, les discussions pour le renouvellement de
la convention collective s’approchent du point de rupture. Loin de
s’amenuiser, l’écart entre les parties semble plutôt se creuser.
Tout le monde doit y mettre du sien
«On a une grande ville à bâtir et il va falloir que tout le
monde y mette du sien, y compris l’équipe de négociation de la
Ville», estime Henri Massé qui dit regretter la tournure des
dernières séances de négociation. «Jusqu’à tout récemment, on
croyait que tous discutaient sur la base des mêmes chiffres, des
mêmes évaluations. Mais tout à coup, on nous revient avec d’autres
estimés de coûts qui ressemblent davantage à une négociation
créative», a ironisé le président de la Fédération des
travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
Des façons de calculer qui changent plusieurs fois
Rappelons qu’un cadre de règlement a été convenu entre la Ville et
ses syndicats, y compris celui des cols bleus, cadre fixé à 11,7%.
Jusqu’à la reprise des pourparlers, en mars dernier, un écart de
0,4% séparait la Ville et le syndicat sur la base de ce cadre de
règlement. Le syndicat estime avoir comblé cet écart avec l’offre
qu’il a soumise. «Mais, voilà que l’évaluation de la Ville a
changé, ce que la Ville estimait à 12,1% est maintenant passé à
21,5%», déplore Pierre Dupuis, directeur québécois du Syndicat
canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ). Il explique que les
représentants patronaux ont changé leur façon de calculer plusieurs
fois au cours des discussions et sont revenus avec plusieurs
évaluations différentes, la plus récente étant celle fixée à 21, %.
On demande d’être traités comme les autres employés
Michel Parent, président de la section locale 301 du SCFP,
s’interroge. «Comment voulez-vous qu’on discute sérieusement
quand les représentants patronaux sont incapables de nous donner
des chiffres fiables, a-t-il déclaré. J’espère qu’on ne
calcule pas les comptes de taxes des citoyens de la même
façon.» Dans ce contexte, Michel Parent voit mal comment, en
l’absence de négociations sérieuses, on pourrait en arriver
rapidement à un règlement. «On ne demande pas de traitement
spécial. On demande d’être traités comme les autres employés. Mais,
peut-être qu’un règlement négocié ne les intéresse pas »,
laisse-t-il tomber.
Des modifications à la Charte qui n’aident pas
Le conseiller syndical des cols bleus fait remarquer que les
modifications apportées à la Charte de la Ville de Montréal n’ont
pas simplifié le dossier. Suite à ces changements, la Ville
présente maintenant des demandes qui font dédoubler certains coûts.
On cite, entre autres, le déneigement pour lequel chaque
arrondissement définit ses propres normes et le manque de
coopération entre les arrondissements. «Alors qu’autrefois on
pouvait déplacer de l’équipement d’un secteur de la ville à un
autre pour mieux répondre aux priorités du moment, on ne le peut
plus aujourd’hui parce que c’est du ressort de l’arrondissement.
Même une opération aussi simple que l’achat du sel n’est pas
centralisée, chaque arrondissement procède à ses achats alors que
des économies d’échelle pourraient être réalisées», fait
remarquer en conclusion Michel Fontaine.
La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente
plus d’un demi-million de membres.
