Fermeture de 34 journaux de Torstar et Postmedia
Trudeau et Joly tergiversent toujours, l’hémorragie continue

Le Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) sonne l’alarme: la disparition de 34 journaux marque un nouvel épisode sombre dans la crise de l’information régionale au Canada. Cette fermeture de 5 quotidiens et 29 hebdomadaires de Torstar et Postmedia survient alors que cet automne, une large coalition presse le gouvernement fédéral d’agir pour sauvegarder les industries culturelle et médiatique.

Au CPSC, qui représente quelque 7500 artisans du secteur des communications au Québec, on se demande ce qu’attendent pour agir le premier ministre du Canada Justin Trudeau et la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly.

«Tout le milieu de la culture et des communications du Québec et du Canada en est arrivé à des constats pratiquement unanimes. Nos industries vivent un choc et un déclin extrêmement brutaux. Les salles de nouvelles se meurent, particulièrement en région. Nous sonnons l’alarme de plus en plus fort et de plus en plus souvent, mais Trudeau et Joly ne nous entendent toujours pas. Tant qu’ils garderont leurs bras croisés, nous irons de crise en crise, de mal en pis», de déplorer Alain Caron, président du CPSC.

Le CPSC et 38 autres organismes ont signé en septembre un manifeste, intitulé «Continuité-équité-soutien», qui pose un diagnostic et propose une marche à suivre.

Le nœud de l’affaire est que les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, Netflix, Spotify, etc.) échappent aux règles respectées par les entreprises québécoises et canadiennes en matière de fiscalité, de taxation et de réglementation. Ils accaparent ainsi les marchés publicitaires, ce qui assèche les revenus des entreprises québécoises et canadiennes.

Le manifeste propose trois axes d’intervention: maintien de la philosophie d’intervention qui a permis le développement de notre culture et de nos médias; mise à jour des lois et politiques en vigueur pour que toutes entreprises soient traitées équitablement en matière de fiscalité, de taxation et de réglementation; mise à profit de tous les leviers disponibles – législatifs, réglementaires, fiscaux et financiers – pour assurer la vitalité des industries.

«Cet automne, le gouvernement du Québec a fait un grand pas en avant avec son intention de soumettre Netflix à la TVQ. Tous les yeux sont tournés vers le fédéral, paralysé par sa complaisance envers les Google de ce monde. Hier, même la députée libérale fédérale Anita Vandenbeld a exprimé son désarroi face à la fermeture de cinq journaux dans la région d’Ottawa, qu’elle représente», de souligner Alain Caron.

Le CPSC représente quelque 7500 membres parmi les entreprises suivantes: Groupe TVA, l’ONF, RNC Media, Global, CIMF–Gatineau, CKOB–Trois-Rivières, Telus Québec, Vidéotron, Cogeco, Technicolor, la SETTE, ainsi que le Journal de Québec.

Le CPSC est un regroupement sectoriel du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui, lui, compte près de 116,000 membres au Québec.

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