Lock-out au Journal de Québec, dixième anniversaire de la parution de Média Matin Québec !

Le 24 avril 2017, marque le dixième anniversaire de la première parution du quotidien gratuit Média Matin Québec, créé à l’initiative des 252 lock-outés et grévistes du Journal de Québec.

Tiré à 40 000 exemplaires et publié du lundi au vendredi jusqu’au 8 août 2008, le Média Matin couvrait l’ensemble de l’actualité, mais accordait une place prépondérante aux nouvelles locales.

L’aventure a débuté le 22 avril 2007 par le déclenchement d’un lock-out visant les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec. La même journée, en solidarité avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de Québecor, les employés de l’imprimerie votaient la grève à 97 %.

Le conflit de travail qui a duré 473 jours était le plus long à survenir dans un quotidien francophone au Canada jusqu’à celui du Journal de Montréal. Avant le déclenchement du lock-out, aucun conflit de travail n’avait eu lieu depuis la fondation du Journal de Québec en 1967.

La grande surprise fut la popularité et l’acceptation instantanée du quotidien gratuit Média Matin par la population de Québec.

Selon Denis Bolduc, président du SCFP-Québec, qui était alors président du syndicat de la Rédaction du Journal de Québec et éditeur du Média Matin, le succès de ce quotidien reposait en grande partie sur la couverture de l’information locale.

« Les gens veulent savoir ce qui se passe chez eux. On avait fait le pari de parler principalement de Québec et de sa région et les gens nous ont démontré que nous avions raison. Cela nous a animés durant tout le conflit et nous a permis, à terme, de rentrer au travail la tête haute », d’affirmer Denis Bolduc.

Cet enjeu de l’information locale reste toujours aussi important aujourd’hui comme le démontre une récente étude d’Influence Communication.

Parmi les constats de l’analyse, on note que la télévision est un acteur négligeable en information locale et qu’elle devient progressivement un média uniquement national.

Pour la région de Québec spécifiquement, l’analyse démontre que la télévision produit seulement 2% de l’information locale. Pour les quotidiens c’est près de 25%.

Les conclusions de l’analyse nous convainquent qu’il est essentiel que le Journal de Québec continue de s’investir dans la production d’une information locale abondante et de qualité.

À l’aube d’une nouvelle ronde de négociation, la conseillère syndicale, Nina Laflamme, indique que c’est l’un des aspects que l’on souhaite maintenir. Elle reste prudente quant aux résultats, cependant.

« Pour nous, ce conflit constitue la page noire des 50 ans d’histoire du Journal. Malgré tout, nous allons continuer à trouver des moyens de livrer la meilleure information locale en protégeant les emplois et les conditions de travail des membres. Ces objectifs sont conciliables », de déclarer Nina Laflamme.

Saluons également l’importante démonstration de solidarité ainsi que la détermination des syndiqués dans le cadre de ce conflit. En tout, c’est 12,5 millions d’exemplaires qui ont été distribués de main à main dans les rues de Québec.

En conclusion, Denis Bolduc tient à remercier chaleureusement toutes les personnes et organisations syndicales qui ont soutenu les lockoutés et grévistes du Journal de Québec.

« Grâce à elles, les travailleurs et travailleuses du Journal de Québec ont planté le drapeau du courage et de la détermination sur la montagne des relations de travail au Québec », affirme le président du SCFP Québec.

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