La FTQ réagit au budget fédéral
Des revendications syndicales entendues

À la lecture du troisième budget du ministre des Finances Bill Morneau, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) constate que certaines revendications syndicales ont enfin été entendues, notamment en matière d’égalité hommes-femmes et du gâchis du système de paye Phénix. «Il s’agit de bonnes nouvelles pour les femmes sous juridiction fédérale et pour les fonctionnaires fédéraux qui subissent depuis beaucoup trop longtemps les ratés du système de paye Phénix», affirme le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Quant à l’assurance-emploi, la FTQ est impatiente de s’asseoir avec le gouvernement pour discuter de la mise en œuvre des mesures annoncées et s’assurer que le cri du cœur des travailleuses et des travailleurs saisonniers a été entendu. «Le gouvernement doit agir pour éviter que ceux-ci se retrouvent sans revenu. C’est un pas dans la bonne direction, mais la somme de 10 millions est insuffisante et nous souhaitons que cette mesure ne soit pas associée à une exigence de formation», affirme Serge Cadieux.

Rappelons que la FTQ revendique une mesure d’urgence prévoyant l’ajout de semaines supplémentaires pour combler la fin des prestations régulières jusqu’au rappel au travail dans l’industrie saisonnière.

Par ailleurs, alors que le gouvernement dispose d’une bonne marge de manœuvre pour lutter contre les inégalités socioéconomiques, la FTQ déplore qu’aucune réelle stratégie ne soit mise en place pour assurer une meilleure justice fiscale.

La FTQ salue le resserrement de mécanismes fiscaux lesquels procureront des revenus intéressants au gouvernement. Toutefois, la centrale estime que le maintien dans son état actuel du régime fiscal canadien profite encore de manière disproportionnée aux contribuables plus riches. «Le gouvernement fédéral a manqué de courage et aurait dû faire mieux pour aller chercher des revenus additionnels, notamment en éliminant les échappatoires fiscales utilisées par les mieux nantis et en s’attaquant plus sérieusement au recours aux paradis fiscaux», affirme Serge Cadieux.

«En transférant leur richesse dans les paradis fiscaux pour éviter de payer de l’impôt dans leur pays d’origine, les grandes entreprises, les institutions financières et les personnes parmi les plus fortunées transfèrent le fardeau du financement des services publics et des programmes sociaux sur les seules épaules des travailleurs et travailleuses, en particulier les salariés et les salariées ainsi que les petites et moyennes entreprises, et ce, en toute impunité!», déplore Serge Cadieux.

À l’instar de la Coalition pour la culture et les médias, la centrale dénonce l’inaction d’Ottawa concernant la taxation des biens et services numériques vendus au Canada par des entreprises étrangères et estime que ces dernières doivent prélever les mêmes taxes et être soumises au même cadre législatif et réglementaire que les entreprises canadiennes et québécoises. «L’identité et la souveraineté culturelle québécoise, de même que l’industrie médiatique, constituent une richesse collective à préserver. L’équité fiscale entre les entreprises nationales et étrangères qui sont actives sur le Web, c’est une question de principe et d’équité», affirme Serge Cadieux.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.

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