2009-11-26
16:22:52Nouvelle
Une situation intenable qu’il faut
changer, croit le Front commun
Le retard salarial du secteur public s’est encore
accentué cette année
Les porte-parole du Front commun lors d'un point de presse jeudi
matin. De gauche à droite: Louis Roy (CSN), Régine Laurent (FIQ) et
Lucie Levasseur (SCFP).
Photo Michel Giroux
Pour le Front commun SISP–CSN–FTQ, le rapport 2009 rendu public ce
matin par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) présente un
tableau affligeant des retards dans la rémunération des employés
des secteurs public et parapublic et confirme la justesse et le
réalisme des revendications portées par les 475,000 employés de
l’État.
L’enquête de l’ISQ démontre que les salaires versés dans la
fonction publique et dans les réseaux de la santé et de l’éducation
sont inférieurs de 8,7% à ceux versés dans les autres secteurs de
l’économie, pour des emplois comparables. Cet écart salarial
s’élargit d’année en année: l’ISQ chiffrait le retard du secteur
public à 7,7%, l’an dernier. Le secteur public a donc perdu du
terrain au cours de la dernière année, et ce, malgré la récession
qui a été source d’appauvrissement pour de nombreux salariés du
secteur privé. Par rapport aux salaires versés dans les entreprises
syndiquées du secteur privé, le retard du secteur public s’élève à
12,4%.
Les avantages sociaux
L’étude de l’ISQ montre également que les avantages sociaux
consentis aux employés de l’État sont équivalents à ceux octroyés
aux autres salariés québécois. Au chapitre de la rémunération
globale (lorsqu’on prend en compte les avantages sociaux et les
heures de présence au travail en plus des salaires), le retard du
secteur public, en 2009, se chiffre à 3,7% par rapport à l’ensemble
des autres salariés québécois. Là aussi l’écart s’est creusé
puisqu’il s’établissait à 2,9% en 2008.
Les professionnels, techniciens ainsi que les employés de bureau du
secteur public accusent tous un retard salarial se chiffrant à
environ 9% par rapport aux comparables dans les autres secteurs
alors que chez les employés de service, les salaires sont jugés
équivalents.
Chez les ouvriers, les salaires versés dans le secteur public
accusent un retard d’en moyenne 28,9% par rapport à ceux versés
dans les autres secteurs de l’économie pour des emplois
comparables. Pour le Front commun, ce constat déplorable milite
pour la mise en place d’un comité de travail paritaire sur les
effets de cet écart et les problèmes particuliers à cette catégorie
d’emploi, une des revendications portées par les salariés de
l’État.
Un retard salarial
troublant
Des 76 titres d’emplois du secteur public étudiés par l’ISQ, pas
moins de 56 accusent un retard salarial, soit près des trois
quarts. L’étude de l’ISQ démontre également que c’est toute la
structure salariale de l’État qui est en retard puisque ni les
salaires d’entrée ni les salaires maximums prévus aux conventions
collectives du secteur public ne sont concurrentiels. Dans les
catégories rémunérées sur la base d’échelles salariales, les
maximums normaux dans le secteur public sont inférieurs à ceux des
échelles des autres salariés québécois, ce qui signifie que les
écarts ne pourront jamais être comblés. Pour certains titres
d’emplois, le salaire au sommet de l’échelle dans le secteur public
est inférieur au salaire d’entrée normalement versé dans les autres
secteurs de l’économie.
Par ailleurs, dans une autre section du rapport, l’ISQ indique que,
de 1996 à 2009, le pouvoir d’achat des salariées et salariés de
l’administration québécoise, en excluant l’équité salariale, s’est
détérioré de 3,2%, tandis qu’il s’appréciait de 9,2% dans le
secteur privé.
Des revendications justes et
réalistes
«Les conclusions présentées par
l’ISQ ce matin montrent hors de tout doute que les revendications
salariales du Front commun sont pleinement justifiées et réalistes.
Il est grand temps d’entreprendre un virage et de rémunérer les
travailleuses et travailleurs de l’État à leur juste
valeur», a réagi la porte-parole du SISP, Régine Laurent, en
conférence de presse, jeudi.
«Les pénuries de main-d’œuvre
dans le secteur public s’étendent maintenant à presque toutes les
catégories d’emplois. Les besoins en main-d’œuvre sont criants,
mais les postes disponibles dans les réseaux sont de plus en plus
difficiles à combler. Pour assurer l’avenir de nos services
publics, il faut trouver les moyens d’attirer la relève et de
retenir les travailleuses et travailleurs plus expérimentés, et
cela passe en bonne partie par des salaires plus
concurrentiels», de souligner le vice-président de la CSN,
Louis Roy.
«Nous souhaitons que la présente
ronde de négociation se conclue dans les meilleurs délais par une
entente négociée qui permettra de donner un peu d’oxygène à nos
services publics. Considérant l’ampleur des défis que nos services
publics devront relever au cours des prochaines années, nous
attendons du gouvernement qu’il s’assoie avec nous pour mener des
négociations diligentes et de bonne foi», a, pour sa part,
rappelé la porte-parole de la FTQ, Lucie Levasseur.
Hausses salariales
Le Front commun revendique des hausses de salaires de 2% par année
afin de protéger le pouvoir d’achat des salariés. De plus, les
syndicats veulent entreprendre un rattrapage salarial afin de
rendre les salaires versés dans le secteur public plus
concurrentiels. À cet égard, le Front commun demande un rattrapage
salarial annuel de 49 cents l’heure, en moyenne, ce qui équivaut à
1,75% du salaire moyen.
Le Front commun regroupe 475,000 personnes salariées des services
publics. Il s'agit des fonctionnaires et des professionnels du
gouvernement, et de tous les travailleurs syndiqués des réseaux de
la santé, de l'éducation et de certains organismes gouvernementaux.
Le Front commun est formé du SISP (CSQ, FIQ, SFPQ, APTS et SPGQ),
de la CSN (FSSS, FEESP, FNEEQ, FP) et de la FTQ (SCFP, SQEES, SEPB,
UES).
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