2009-11-04
14:47:09Nouvelle
Le SCFP demande une enquête publique sur le monde
municipal
Michel Poirier, directeur québécois du SCFP.
Photo Didier Debusschère
Au lendemain d’élections municipales souvent marquées par les
scandales et les soupçons de corruption, le Syndicat canadien de la
fonction publique (SCFP) qui représente la vaste majorité des
employés municipaux au Québec, exige du gouvernement Charest un
virage radical afin d’assainir les règles entourant les affaires
municipales, notamment les appels d’offres et le financement des
partis.
«Il est indispensable de redonner
à la fonction publique et parapublique municipale le rôle qui lui
revient. Il est clair pour nous que les changements législatifs
dans tout ce qui touche l’attribution de contrats par les
municipalités ne suffisent pas, avance Michel Poirier,
directeur québécois du SCFP. Il
faut être en mesure de justifier les contrats donnés à l’externe et
instaurer les pare-feux nécessaires pour briser toute tentative
d’implantation d’un système de copinage et de patronage.»
Pour le dirigeant syndical, le rétablissement de saines pratiques
dans l’octroi de contrats et la gestion municipale est à ce point
nécessaire que les moyens annoncés jusqu’à présent sont inadéquats
et ne servent qu’à faire diversion pour que les véritables
responsables ne soient pas identifiés, et pour éviter la tenue
d’une enquête publique sur le monde municipal.
Soulignons que le ministre a déjà annoncé une rencontre à Québec
pour discuter d’éthique et du processus d’attribution des contrats.
Le SCFP demande à être partie prenante de ces discussions.
«On veut être là, on a une
perspective unique et essentielle. Nos 25 000 membres sont des
témoins privilégiés, on voit ce qui se passe avec les contrats de
déneigement, de cueillette des ordures, de systèmes informatiques
ou de compteurs d’eau.»
Pour le SCFP, les municipalités sont parmi les plus grands
fournisseurs de contrats de toutes sortes au Québec. «Partant de là, ce serait la moindre des
choses de veiller à ce que ces octrois ne permettent pas les
retours d’ascenseur et les cadeaux aux petits amis. Au cours des
dernières semaines, on a constaté que les services publics nous
garantissent un juste prix et la transparence dans la reddition des
comptes. Il faudra donc désormais que les contrats accordés à des
firmes externes - car il y en aura toujours -, soient eux aussi
au-dessus de tout soupçon», ajoute Michel Poirier.
Le financement des partis à
revoir
Dans la même veine, le SCFP exige aussi des modifications aux
règles entourant le financement des partis politiques municipaux.
Selon lui, c’est souvent la source de bien des scandales dans
l’attribution des contrats. «Les
donateurs anonymes, les entreprises qui paient des employés pour
verser des contributions aux partis, les soupers à 1000 $ le billet
ou la possibilité de cacher la provenance de 20 % des montants
recueillis, tout ça n’a aucun sens! Renforcer les règles pour
favoriser un financement populaire et transparent est un premier
pas essentiel pour assainir l’air vicié de la politique
municipale», conclut le directeur québécois du SCFP.
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