2008-06-27 11:01:22Nouvelle

Péladeau accuse le syndicat
Denis Bolduc remet les pendules à l'heure

Denis Bolduc
Denis Bolduc, porte-parole des lockoutés.
Photo archives SCFP
«Monsieur Péladeau, avez-vous été mis au courant qu’une négociation a eu lieu au cours des dernières heures et que les syndicats attendent une réponse de votre part? Faites attention avant d’accuser les syndicats de tous les maux.»

C’est en ces termes que le porte-parole des travailleurs en lock-out du Journal de Québec, Denis Bolduc, a résumé la dernière rencontre des syndicats avec la partie patronale, mercredi et hier, devant le conciliateur du ministère du Travail, Jean Poirier.

Devant l’assemblée des actionnaires de Quebecor, hier, le grand patron de l’entreprise, Pierre Karl Péladeau, a, comme il a tendance à le faire chaque fois qu’il éprouve des difficultés dans son entreprise, montré du doigt les syndicats pour ses malheurs.

Le président du Conseil provincial du secteur des communications du SCFP, Jean Chabot, a profité de cette rencontre des actionnaires pour questionner le conseil d’administration sur ses intentions quant au conflit qui perdure depuis plus de 14 mois au Journal de Québec. «Avec le conflit en cours, l’image corporative de Quebecor est en train de se détruire, a dit M. Chabot. Quebecor se comporte en mauvais citoyen corporatif et il y a lieu de croire que cela affecte le cours de l’action. Le Journal de Québec est redevenu numéro 2, il y a eu des condamnations au criminel (le Journal de Québec et Canoë ont écopé d’amendes totalisant 23 000 $ pour avoir publié l’identité d’une victime d’agression sexuelle, en contravention avec une ordonnance du tribunal) et de nouvelles accusations ont été portées la semaine dernière (à nouveau pour avoir transgressé une ordonnance de la cour par des textes écrits par un présumé travailleur de remplacement). Des plaintes ont été portées devant la Commission des relations du travail pour l’utilisation de scabs, et ce, même si le Journal de Québec était rentable. Allez-vous laisser le conflit perdurer?»

C’est Jean Neveu, président du conseil d’administration de Quebecor, qui y a répondu. En partie. «Le conseil est d’accord avec le fait que les marchés évoluent, qu’il y a des choses qui doivent changer et qu’il faut aussi que ça se fasse au Québec. Le conseil appuie cela à 100 %. (...) Oui, le Journal de Québec est encore rentable. Mais ce n’est pas parce qu’il l’est encore aujourd’hui qu’on Ne peut pas préparer l’avenir», a dit M. Neveu.
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