2008-02-15
09:23:29Communiqué
Le Syndicat national des journalistes de France
solidaire des lockoutés du Journal de Québec
Québec, le vendredi 15 février
2008 – Le Syndicat national des journalistes (SNJ) de France
a adopté, cette semaine, à Paris, une motion d’appui à la lutte des
252 travailleurs syndiqués du Journal de Québec. Premier syndicat de
journalistes en France, le SNJ dénonce le comportement de Quebecor
qu’il qualifie d’«extrême
brutalité».
Le porte-parole des syndiqués du Journal de Québec, journalistes,
photographes, employés de bureau et de l’imprimerie, Denis Bolduc,
s’est dit «ravi de cet
appui». Il souligne que dans «ce conflit aussi inutile que stupide, les
dirigeants du groupe de presse Quebecor qui ont déjà une piètre
réputation ici, sont en train de la ruiner à l’étranger».
Voici le texte intégral de la motion adoptée à Paris, le 12
février, et qu’on retrouve aujourd’hui à la une du site Internet du
SNJ (http://www.snj.fr/) :
Le SNJ solidaire des journalistes
québecois
Depuis le 22 avril 2007, les 252
salariés du Journal de Québec sont privés de leur travail et de
leur salaire suite à un «lock-out», mesure de fermeture décidée
unilatéralement par la direction de l’entreprise.
En engageant ce coup de force, cette dernière veut contraindre les
journalistes à accepter :
. un allongement de leur rythme hebdomadaire de travail de quatre à
cinq jours sans compensation;
. l’utilisation systématique par tous de l’ensemble des outils
multimédia (écrit, son, image, vidéo), sans tenir compte de la
formation et des compétences de chacun, ni de l’impact sur les
conditions de travail et la qualité de l’information;
. la libre circulation de leurs œuvres - là aussi sans compensation
- entre les différents médias du groupe Québecor, propriétaire du
Journal de Québec.
La volonté de la direction de faire plier ses salariés sans faire
la moindre concession, ni même tenir une négociation sérieuse, ne
fait aucun doute. Ainsi, avant de décréter le lock-out, le groupe
Québecor(*) avait pris soin de recruter des cadres excédentaires et
des journalistes dans une autre province que le Québec, afin
d’échapper à sa législation. Ce qui lui permet aujourd’hui de
continuer à faire paraître le journal, en ajoutant à la détresse
morale et sociale de ses salariés, et au mépris total de la
confiance que lui accordent ses lecteurs.
Plus de neuf mois après le déclenchement de ce conflit, toutes les
tentatives de négociation et de conciliation ont échoué. Une
procédure judiciaire est désormais engagée et un arbitrage a été
demandé auprès du ministère du Travail du Canada.
Réuni le 12 février 2008, le Bureau national du SNJ, premier
syndicat de journalistes en France, s’indigne de ce comportement
patronal d’une extrême brutalité et condamne un tel mépris pour le
dialogue social, que les vrais démocrates savent pourtant porteur
de progrès.
Le SNJ assure ses confrères québécois de tout son soutien, et
formule solennellement le vœu que l’intervention des institutions
canadiennes permette de trouver une issue de nature à assurer le
respect des salariés et de leurs droits légitimes, à restaurer la
confiance des lecteurs, et à garantir un avenir plus serein à ce
journal qui participe au pluralisme de l’information dans la
deuxième ville francophone du continent américain.
Paris, le 12 février 2008
(*) Plus important éditeur de journaux au Canada, le groupe
Québecor est également l’un des leaders mondiaux de l’imprimerie,
présent tant sur le continent américain qu’en Europe (France,
Belgique, Espagne, Finlande, Royaume Uni, Suède, Suisse). »
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