2008-01-15
16:44:52Communiqué
Diversité des voix en information
Le CRTC ne règle aucun problème
Montréal, le mardi 15 janvier
2007 – Le plus grand syndicat du secteur des communications
au Québec, le SCFP, est déçu des mesures annoncées aujourd’hui par
le CRTC concernant la diversité des voix en information.
«Essentiellement, le CRTC vient
entériner la situation actuelle de la propriété croisée. C’est
nettement insuffisant à nos yeux et l’organisme qui a le devoir de
protéger le public pèche ici par excès de prudence. La
concentration des voix ne pourra s’aggraver, mais aucun des
problèmes que nous vivons en ce moment n’est réglé. À nos yeux, le
CRTC a abdiqué ses responsabilités», affirme Jean Chabot,
président du secteur des communications du SCFP.
Dans sa décision, le CRTC annonce qu’un propriétaire ne pourra
contrôler que deux types de médias (télévision-radio-journaux) dans
un même marché. «Ça ne change
strictement rien à la propriété croisée actuelle! Personne ne
possède les trois médias dans une même région. Mais nos membres
constatent quotidiennement les difficultés que posent les échanges
entre les salles de nouvelles avec seulement deux médias»,
lance Michel Bibeault, directeur-adjoint au SCFP.
Le CRTC jette aux poubelles le
Code de déontologie de Quebecor Média
En ce qui concerne l’indépendance journalistique, le constat est
encore plus sombre selon le SCFP. D’un seul trait de crayon, le
CRTC vient de faire disparaître le Code de déontologie de Quebecor
qui avait permis de restreindre et de baliser l’échange
d’information et de contenu entre les différentes salles de
nouvelles de l’empire médiatique. «Le conseil vient d’ouvrir toutes grandes les
portes à la fusion de salles de nouvelles d’un même propriétaire.
La perte de la diversité des voix risque uniquement de s’accélérer
– au détriment de notre santé démocratique – si nous suivons le
chemin tracé par le CRTC. Il faudra que la société civile se dresse
contre ce dangereux glissement», insiste Jean Chabot.
Le syndicat s’inquiète particulièrement de l’acceptation du code
proposé par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision
(CCNR). Lorsqu’il s’y réfère le CRTC affirme «Le Code énonce des procédures visant à
garantir que les radiodiffuseurs conservent des structures de
direction et de présentation des nouvelles distinctes et séparées
de celles de leurs journaux affiliés.» Pour le SCFP, il est
inacceptable qu’on garde sous silence tout ce qui a trait à la
cueillette et au traitement de l'information. «On s’attaque ici aux fondements mêmes du
travail journalistique de qualité. Si les entreprises peuvent
échanger à leur guise informations, photos, images, captations
sonores ou vidéo, on en arrive nécessairement à des
journalistes-orchestres qui vont alimenter de multiples
plates-formes qui présenteront et répéteront les mêmes nouvelles.
Est-ce vraiment ce que nous souhaitons pour ce qui est le quatrième
pouvoir dans nos démocraties?», s’interroge Michel Bibeault.
Comptant 7000 membres dans les communications au Québec, le SCFP
est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et
les services sociaux, l’éducation, les transports urbain et aérien,
les sociétés d’État et organismes publics québécois,
l’hydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100,000
membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.
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