2012-06-12 15:43:30
Les cols bleus de Québec préfèrent des
discussions autour de la vraie table de négociation en présence du
conciliateur
Dans cette lettre, Marc-André Dufour se dit
«très heureux» de
l’invitation du maire et de sa volonté exprimée que les parties
échangent leurs points de vue respectifs afin «de proposer des pistes de solution».
Le président du syndicat des employés manuels (SCFP 1638) écrit:
«Pour nous, certes, il est
important de pouvoir en discuter, mais nous croyons que nous
devrions le faire dans le contexte de la négociation, car c’est à
la table de négociation que nous devrons nous entendre pour espérer
signer une nouvelle convention collective, et ce, avec l’aide du
service de conciliation du ministère du Travail.»
Il considère «que d’asseoir tous
les syndicats et les associations autour d’une même table ne
permettra pas de trouver des solutions, la situation de chacun
étant différente à bien des égards. Par conséquent, les positions
et les pistes de solution le seront également.»
Privilégiant les discussions en présence du conciliateur, toujours
dans cette lettre, il ne ferme pas la porte à une éventuelle
rencontre entre le syndicat des cols bleus et le maire.
Rappelons que les cols bleus avaient demandé l’intervention d’un
conciliateur du ministère en novembre 2011.
«Je ne pense pas que ce ne pas
serait très avisé de notre part de demander l’intervention d’un
conciliateur et l’évincer des discussions à la première
occasion, a fait valoir Marc-André Dufour. Pour nous, c’est devant cette personne que
doivent avoir lieu les négociations. Pour nous, c’est là que le
dossier va nécessairement se régler. Maintenant, si le maire veut
participer aux discussions directement à la table des négociations,
il est toujours le bienvenu.»
Rappel des faits
Les cols bleus sont au nombre d’environ 1350 et n’ont pas exercé de
droit de grève depuis plus de 25 ans. Ils sont sans contrat de
travail depuis le 31 décembre 2010. Les négociations entre les cols
bleus et la Ville de Québec ont commencé en février 2011. Treize
séances de négociation ont eu lieu entre les parties depuis février
2011, dont quatre en présence d’une médiatrice nommée par la
ministre du Travail. Les cols bleus avaient demandé l’intervention
d’un conciliateur du ministère en novembre 2011.
Les pourparlers entre les parties se sont rompus abruptement le
jeudi 12 avril quand les cols bleus ont découvert une note interne
du directeur général de la Ville préfigurant des compressions à
grande échelle. Tout en reconnaissant l’existence de ce document,
le maire Labeaume en a minimisé l’importance disant qu’il ne
s’agissait que du travail « d’un fonctionnaire », rien de plus
qu’un « document de travail ». Le 17 avril, la Ville a tout de même
procédé à la mise à pied de 162 employés auxiliaires.
Cette manœuvre a été contestée devant la CRT qui a conclu qu’il
s’agissait d’un lock-out illégal et de représailles à l’endroit des
syndiqués
(http://www.crt.gouv.qc.ca/uploads/tx_crtdecisions/2012_QCCRT_0198_01.pdf).
Tout en notant que la population n’avait pas reçu les services
auxquels elle était en droit de s’attendre, la CRT a ordonné le
retour au travail des 162 auxiliaires.
Le 17 avril en soirée, plus de 950 employés cols bleus
participaient au vote secret et accordaient à leur direction
syndicale le mandat de déclencher la grève au moment jugé opportun.
Depuis le 24 mai, les cols bleus sont en grève légale des heures
supplémentaires, le tout encadré par la Loi sur les services
essentiels.
Le SCFP
Comptant plus de 111,000 membres au Québec, le SCFP représente
environ 70% de l’ensemble des employés municipaux au Québec, soit
29,400 membres. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs
suivants : les affaires sociales, les communications, l’éducation,
l’énergie, les sociétés d’État et organismes publics, les
transports aérien et urbain, le secteur mixte, ainsi que les
universités.