2008-12-11 09:08:57Communiqué

Abus des congés maladie par les cols bleus?
Le maire Labeaume désavoué par les données de la Ville de Québec

Québec, le jeudi 11 décembre 2008 –Contrairement à ce que le maire de Québec, Régis Labeaume, a clamé sur tous les médias pendant des mois, ce ne sont pas 18 jours de congé maladie (de moins de trois jours sans billet médical) que les cols bleus utilisent par année, mais plutôt seulement 4,95. C’est ce qui ressort des données que la Ville a elle-même compilées et déposées à la table des négociations hier (mercredi 10 décembre), en présence d’une conciliatrice du ministère du Travail. Le syndicat réclamait la divulgation de ces chiffres depuis plusieurs mois.

Soulignons qu’à plusieurs reprises, le maire de Québec a soutenu que les cols bleus de sa ville prenaient chacun, en moyenne, 18 jours d’absence maladie de moins de trois jours, sans justification médicale, payée à 100%, et ce avant de prendre leurs vacances. Ces déclarations s’avèrent évidemment non fondées à la lumière du document déposé par la Ville.

Un tort immense

Les déclarations répétées et sans fondement du premier magistrat de la Ville ont causé un tort immense aux cols bleus. Au travail, plusieurs employés manuels ont rapporté avoir été victimes d’insultes et de commentaires désobligeants de certains citoyens. La même chose était aussi arrivée aux brigadiers scolaires, après des déclarations publiques du maire les concernant. «Le maire va devoir mesurer ses propos et se comporter comme quelqu’un de sérieux. Quand on occupe une fonction comme la sienne, on ne peut pas dire n’importe quoi», a commenté le négociateur syndical Denis Plante.

«Enfin, la vérité sort du sac!, s’est exclamé Réjean Rochette, vice-président du syndicat. Les nombreuses déclarations du maire lui reviennent en pleine face. Sur la base de ce soi-disant abus de congés maladie, il a poussé les hauts cris dans les médias, suscité la hargne de la population à notre endroit en nous traitant de "fourreurs de système". Dans les faits, c’est le maire qui s’est fourvoyé dans ses chiffres.»

Priorité aux négos
Le dépôt du document patronal sur les absences maladie de moins de trois jours des cols bleus aura au moins eu le mérite de relancer les négociations. Suite à la rencontre de conciliation d’hier, la direction syndicale des cols bleus a fait savoir qu’elle compte élaborer une contre-proposition qu’elle sera en mesure de déposer la semaine prochaine. Pour ce faire, elle doit toutefois réunir son conseil exécutif.

Ultimatum, prise deux
D’autre part, à la table des négociations hier, la Ville a brandi un second ultimatum à la partie syndicale. Fixé cette fois au lundi 15 décembre, les représentants patronaux ont annoncé qu’à défaut d’une conclusion des négociations à cette date, les augmentations salariales seront retirées.

Malgré cet ultimatum, les deux parties et la conciliatrice ont convenu d’une rencontre de négociation pour le 19 décembre. Reste à voir si la Ville priorisera son ultimatum ou la poursuite des négociations.

Le Syndicat des employés manuels, affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ), regroupe environ 1500 cols bleus à l’emploi de la Ville de Québec.

Le SCFP représente environ 70% de l’ensemble des employés municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est présent dans 10 autres secteurs d’activités au Québec, entre autres, la santé et les services sociaux, l’éducation, les transports urbain et aérien, l’hydroélectricité, les sociétés d’État et organismes publics québécois et les communications. Comptant au total plus de 105,000 membres au Québec, il est le plus important syndicat affilié de la FTQ.
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