2008-11-13
10:54:57Communiqué
Les cols bleus répliquent au maire Labeaume
Québec, le jeudi 13 novembre
2008 – Les cols bleus de Québec veulent remettre les
pendules à l’heure. Estimant que le maire Labeaume multiplie les
affirmations intempestives et inexactes, le syndicat a décidé de
répondre à ses propos. «La
récréation est finie. Labeaume donne un bon show, mais il parle à
travers son chapeau. Je n’ai jamais vu un maire de Québec proférer
autant d’inexactitudes et lancer tant d’accusations sans fondement.
Son ultimatum, c’est le bluff de quelqu’un qui comprend mal les
relations de travail», lance Denis Plante, conseiller au
SCFP.
Tout d’abord, le syndicat s’étonne que le maire demande aux
représentants syndicaux de reprendre les négociations. «De quoi parle-t-il? On n’a jamais quitté la
table! On a même eu une rencontre pas plus tard que le 31 octobre
dernier. Il n’est pas au courant ou il ignore la réalité?»,
s’interroge Denis Plante. Lors de cette rencontre en présence de la
conciliatrice, la Ville de Québec devait présenter des documents
pour justifier ses demandes concernant le régime de retraite et les
assurances collectives, ce qui n’a toujours pas été fait.
«On est bien prêts à s’asseoir
avec eux demain matin, mais on veut travailler sérieusement. C’est
impossible s’ils ne justifient pas leurs demandes à partir de faits
établis, de preuves, d’une quelconque démonstration. Si on veut
trouver des solutions, il faut comprendre les problèmes! Pour
l’instant on nage dans le flou et dans les préjugés», ajoute
le représentant syndical. Soulignons que la conciliatrice a aussi
demandé ces documents, mais l’équipe du maire est incapable de lui
dire quand elle sera en mesure de les produire.
En ce qui concerne le régime de retraite, la situation est
exceptionnelle : la Ville de Québec est la seule municipalité
reconstituée qui n’a toujours pas déposé le texte final de
l’entente sur la fusion des régimes de retraite réalisée en 2004.
«Ils n’ont pas fait leur travail,
on attend encore et ils voudraient qu’on accepte toutes leurs
suppositions? Est-ce qu’on peut négocier de façon sensée et
professionnelle pour une fois, avec des textes, avec des chiffres.
En ce moment, la Ville ralentit les pourparlers en ne fournissant
pas les documents essentiels et le maire, par ses sorties
publiques, joue au provocateur», explique Denis Plante.
Québec n’est pas
compétitive
Le maire Labeaume répète sur toutes les tribunes que les employés
manuels gagnent beaucoup trop cher. Une prétention contestée par le
SCFP qui souligne que la Ville a de sérieux problèmes de
recrutement pour plusieurs corps de métiers, tels les électriciens,
les plombiers, les cimentiers-applicateurs, les mécaniciens et les
soudeurs, par exemple. «Pourquoi?
Parce que les conditions de travail offertes sont en-dessous de ce
qu’on retrouve sur le marché du travail dans le secteur privé. La
Ville n’est pas compétitive pour attirer les ouvriers qualifiés. La
plupart préfèrent travailler dans le secteur de la construction ou
de la mécanique automobile où ils gagnent mieux leur vie.
L’argumentation du maire Labeaume ne tient pas la route»,
dit Réjean Rochette, vice-président du SCFP 1638.
Enfin, le syndicat rappelle que malgré les prétentions du maire sur
le manque de moyens de la Ville de Québec pour maintenir les
conditions de travail de ses employés, la municipalité a dégagé des
surplus budgétaires de près de 27 millions de dollars l’an dernier.
Un maire de mauvaise foi
Pour le SCFP, le maire Labeaume se sert de sa popularité pour salir
les employés municipaux et leur syndicat. Une approche risquée qui
ne favorise pas les discussions et les règlements. «Nous avons été exemplaires, nous n’avons
exercé aucun moyen de pression jusqu’à maintenant, on nous a même
félicité de notre bon travail lors des fêtes du 400e. Résultat :
des insultes et un ultimatum! Le maire veut qu’on lui signe un
chèque en blanc, ce qu’on ne fera jamais. Il serait préférable pour
tous qu’il agisse de façon rationnelle et vienne nous expliquer
quels sont les problèmes à régler. Avec de la bonne foi, il y a
toujours moyen de s’entendre», de conclure Réjean Rochette.
Le SCFP représente environ 70% de l’ensemble des employés
municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est
présent dans 10 autres secteurs d’activités au Québec, entre
autres, la santé et les services sociaux, l’éducation, les
transports urbain et aérien, l’hydroélectricité, les sociétés
d’État et organismes publics québécois et les communications.
Comptant au total plus de 105 000 membres au Québec, il est le plus
important syndicat affilié de la FTQ.
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